mercredi
28 juillet — Lavérune - Cour d’honneur
du Château des Evêques
jeudi 29
juillet —
Prades-le-Lez - Place du marché
jeudi
29 juillet —
La Colombière - Parc de l’hôpital La Colombière
(16h)
vendredi
30 juillet — Jacou
- Parc de Bocaud
Dans les villes autour de Montpellier
22h - entrée libre
En choisissant de développer
sa programmation en direction des communes de l'agglomération,
le Festival de Radio France et Montpellier veut faire entendre largement
un jazz de fête, qui est aussi un jazz de tradition et de culture.
Né dans le creuset de La Nouvelle Orléans, par la fusion
des cultures afro-américaine, hispanique et française, le
premier jazz, le jazz traditionnel, celui que ses amateurs fervents appellent
affectueusement le "vieux style", allait essaimer dans toute
l'Amérique, avant de devenir universel.
A Chicago et à New York, il est devenu le jazz classique, avec
notamment Louis Armstrong et Duke Ellington, pour s'épanouir pleinement
dans les "années swing", qui prendront fin à l'orée
de la seconde guerre mondiale. Durant ces années-là, le
jazz a su aussi construire des identités singulières: à
Paris, Django Reinhardt fut le premier génie que l'Europe offrait
à cette musique. Ces métamorphoses se donnent à lire
dans le programme de l'édition 2004.
Le vieux style est à l'honneur, avec l'un de ses représentant
les plus légitimes, Gilbert Leroux,
joueur de washboard. Cette "planche à laver" fut la batterie
du pauvre dans les groupes qui peuplaient le jazz des temps héroïques.
Gilbert Leroux a su donner vie à cet instrument singulier, d'abord
au sein des célèbres "Haricots rouges", puis à
la tête de son "Washboard Group".
L'Académie du Jazz lui a attribué son Prix Sidney Bechet,
couronnant ainsi un parcours exemplaire, qui l'a conduit aux côtés
de quelques-unes des légendes de cette musique, de Mezz Mezzrow
à Stéphane Grappelli en passant par Albert Nicholas ou Bill
Coleman…
Le jazz classique est l'une des flèches au riche carquois de
Stan Laferrière, et pas la moindre. Ce pianiste-batteur-guitariste-et-chanteur
est aussi un compositeur et un arrangeur de grand talent. Les meilleurs
orchestres de jazz ont sollicité sa plume, et il a accompagné
le gratin du jazz, classique ou moderne, avec la même pertinence.
Il n'aime rien tant que de jouer de la batterie dans un groupe swing,
ou encore chanter le répertoire de Nat King Cole, toutes qualités
qui font de lui un authentique homme-orchestre. Pour son Tentet (un orchestre
de dix musiciens, mais qui "sonne" comme un big band), il a
su magnifiquement adapter l'univers de Duke Ellington, qu'il sert avec
maestria.
Depuis sa création en 1992, et sa percée l'année
suivante dans le "off" du Festival de Marciac,
le Tuxedo Big Band n'a jamais cessé
de cultiver les grands répertoires de l'âge d'or du swing.
Après les arrangements de l'orchestre de Jimmie Lunceford, puis
les thèmes qui enchantèrent le tandem Chick Webb/Ella Fitzgerald,
ou encore les arrangements de Fletcher Henderson pour Benny Goodman, l'orchestre
toulousain jette aujourd'hui son dévolu sur l'univers de Count
Basie. Sous la houlette de Paul Chéron, et avec une belle brochette
de solistes torrides, le Tuxedo fait revivre ce jazz qui chante, qui danse
et qui balance, pour le plus grand bonheur des aficionados, comme pour
celui des nouveaux adeptes. L'Académie du jazz et le Hot Club de
France ne s'y sont pas trompés, en lui décernant des lauriers
amplement mérités.
Avec la violoniste Florence Fourcade,
c'est l'identité européenne du jazz qui parle. En abordant
le répertoire de Django Reinhardt et Stéphane Grappelli,
entourée de deux guitares et d'une contrebasse, elle fait revivre
cet art singulier qui s'inventa dans les années trente, au carrefour
du swing américain, de la guitare manouche et du lyrisme tzigane.
Cette tradition, saluée dans le monde entier par la reconnaissance
du fameux "Quintette du Hot Club de France", devait s'inscrire
dans l'histoire du jazz comme une contribution essentielle à un
art en pleine mutation. De Swing 42 à Minor swing en passant Sweet
Georgia Brown, Florence Fourcade redonne à ces joyaux adoubés
par le temps une nouvelle fraîcheur. Et si elle vient en voisine,
du Gard où elle réside, les scènes de France et d'Europe
l'ont à ce jour largement fêtée.