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Roberto Alagna
Michelle Canniccioni
Béatrice Uria-Monzon
Frank Ferrari
Opéra en 3 actes (1866-1868)
Livret de Charles Beauquier
Version Concert
Création Mondiale
Roberto Alagna : Fiesque
Michelle Canniccioni: Léonore
Béatrice Uria-Monzon :
Julie
Franck Ferrari : Verrina
Jean-Sébastien Bou : Hassan
Armando Gabba : Borgonino
Vladimir Stojanovic : Gianettino
Ronan Nédélec :
Romano
Alexandre Swan : Sacco
Édouard Lalo a composé deux
opéras : Le Roi d’Ys jouit d’un succès
considérable lors de sa création à l’Opéra-Comique
en 1888, et resta au répertoire de nombreuses années.
Son premier opéra, Fiesque, ne fut en revanche pas donné
de son vivant et aura attendu près de 140 ans sa première
audition. Son interprétation en concert lors du Festival
de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon, le 27 juillet
2006, sera une création mondiale, aussi remarquable que
cela puisse paraître. Paris entendit des centaines d’opéras
par des compositeurs de moindre envergure au XIXe siècle,
mais Fiesque souffrit d’un scandale qui le tint éloigné
de la scène.
À ses débuts, Lalo se fit une réputation
de compositeur de musique de chambre et de mélodies, ainsi
que de violoniste et d’altiste jouant de la musique de chambre
et symphonique à Paris. En 1865, il épousa la cantatrice
Julie de Maligny et commença à s’intéresser
à l’opéra, encouragé par un concours
annoncé par le Ministre d’État. Fiesque, soumis
pour le prix en août 1868, obtint la troisième place
un an plus tard, derrière les opéras de Phillipot
et de Canoby, deux compositeurs dont le nom ne figure même
pas dans les dictionnaires. L’œuvre de Phillipot finit
par être mise en scène en 1876 et fut très
fraîchement accueillie.
Ceux qui connaissaient Lalo et son œuvre protestèrent
dans la presse, affirmant que le jury avait des préjugés
contre les œuvres ambitieuses, coûteuses à monter,
et insinuant que l’aspect subversif de l’intrigue
était tenu pour suspect, d’autant que le librettiste,
Charles Beauquier, était mieux connu comme homme politique
et comme polémiste que comme librettiste. Il s’agissait
en fait de ses premiers pas dans le domaine lyrique, et ses tendances
gauchistes n’étaient pas faites pour plaire en ces
dernières années du Second Empire.
Lalo accepta la situation sans protester, mettant ses espoirs
dans une production à l’Opéra de Paris. Mais
ces espoirs s’évanouirent lorsque la guerre éclata
en 1870, et un projet ultérieur de mise en scène
à Bruxelles avorta lui aussi, en dépit du vigoureux
soutien de Gounod. Certaines scènes, y compris l’ouverture,
furent jouées lors des concerts de Lalo, et la partition
piano-chant fut publiée avec une traduction allemande en
plus du texte français. Elle n’attira pas plus l’attention,
et vers la fin de sa vie Lalo démembra son opéra
pour le recycler dans ses dernières œuvres. Le Divertissement
pour orchestre, bien connu, absorba une scène de l’opéra,
et une grande partie de la Symphonie en sol mineur, de 1886, fut
empruntée à Fiesque. Presque tout l’opéra
fut réutilisé, dans des mélodies et des chœurs,
et dans une extraordinaire « pantomime », Néron,
mise en scène avec faste à l’Hippodrome en
1891, et jamais entendue depuis.
Opéra d’action et d’intrigues se déroulant
à Gênes en 1547, Fiesque s’inspire d’une
pièce de jeunesse de Schiller, Die Verschwörung des
Fiesco zu Genua. Le personnage historique de Fiesco fut le chef
d’une conspiration contre la famille régnante des
Doria, doges de Gênes. L’argument tourne autour de
l’amour de Fiesque pour Julie, fille de son ennemi Andreas
Doria, et des amers soupçons de sa femme, Léonore.
Fiesque est aussi confronté à Verrina, vieux républicain
fanatique qui se défie de ses promesses de renverser les
Doria, surtout lorsqu’il apprend sa passion pour la fille
de Doria.
Dans le dernier acte, les Doria sont renversés ; la foule
acclame Fiesque et Léonore dans une marche triomphale,
mais Verrina refuse de laisser Fiesque s’emparer du pouvoir
suprême et le tue en le jetant dans les eaux du port.
Fiesque est un beau rôle de ténor. Son solo de l’acte
II, « Le Rêve de Fiesque », est prenant, même
si le personnage pâtit de son ambition et de sa faiblesse
pour la fille du doge. Les personnages des deux femmes sont clairement
différenciés. L’œuvre comporte des chœurs
magnifiques, une scène de marché attrayante, et
un personnage comique, Hassan, domestique aux ambitions d’assassin.
L’invention de Lalo est remarquable, et l’écriture
orchestrale est tantôt énergique, tantôt poignante.
Cette renaissance de Fiesque ajoutera une œuvre marquante
au répertoire des opéras français.
Hugh MacDonald
Traduction de l’anglais
par Josée Bégaud
Mercredi
26 juillet Conférence « Fiesque » de Lalo
11h00 Jardins de la Maison des Relations Internationales
par Hugh MacDonald
Professeur à l'Université de Washington
Diffusion
en léger différé le 27 juillet à 20h30 sur France Musique (à Montpellier
fréquence 96,4 MHz)
Tarif normal 37€/23€/14€
Tarif réduit 29€/14€/8€
Avec l’aide de la Caisse d’Épargne Languedoc-Roussillon