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Jeudi 27 juillet 2006
Opéra Berlioz/Le Corum 20h00

Fiesque
Édouard Lalo
©Harcourt Roberto Alagna

©Sasha Gusov 2004 Michelle Canniccioni


©tous droits réservés Béatrice Uria-Monzon

©tous droits réservés Frank Ferrari

Opéra en 3 actes (1866-1868)
Livret de Charles Beauquier
Version Concert

Création Mondiale

Roberto Alagna : Fiesque
Michelle Canniccioni: Léonore
Béatrice Uria-Monzon : Julie
Franck Ferrari : Verrina
Jean-Sébastien Bou : Hassan
Armando Gabba : Borgonino
Vladimir Stojanovic : Gianettino
Ronan Nédélec : Romano
Alexandre Swan : Sacco

Orchestre National de Montpellier
Chœur de la Radio Lettone


Alain Altinoglu :
direction

Chef de chœur : Sigvards Klava
Chef de chant : Jocelyne Dienst


Édouard Lalo a composé deux opéras : Le Roi d’Ys jouit d’un succès considérable lors de sa création à l’Opéra-Comique en 1888, et resta au répertoire de nombreuses années. Son premier opéra, Fiesque, ne fut en revanche pas donné de son vivant et aura attendu près de 140 ans sa première audition. Son interprétation en concert lors du Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon, le 27 juillet 2006, sera une création mondiale, aussi remarquable que cela puisse paraître. Paris entendit des centaines d’opéras par des compositeurs de moindre envergure au XIXe siècle, mais Fiesque souffrit d’un scandale qui le tint éloigné de la scène.
À ses débuts, Lalo se fit une réputation de compositeur de musique de chambre et de mélodies, ainsi que de violoniste et d’altiste jouant de la musique de chambre et symphonique à Paris. En 1865, il épousa la cantatrice Julie de Maligny et commença à s’intéresser à l’opéra, encouragé par un concours annoncé par le Ministre d’État. Fiesque, soumis pour le prix en août 1868, obtint la troisième place un an plus tard, derrière les opéras de Phillipot et de Canoby, deux compositeurs dont le nom ne figure même pas dans les dictionnaires. L’œuvre de Phillipot finit par être mise en scène en 1876 et fut très fraîchement accueillie.
Ceux qui connaissaient Lalo et son œuvre protestèrent dans la presse, affirmant que le jury avait des préjugés contre les œuvres ambitieuses, coûteuses à monter, et insinuant que l’aspect subversif de l’intrigue était tenu pour suspect, d’autant que le librettiste, Charles Beauquier, était mieux connu comme homme politique et comme polémiste que comme librettiste. Il s’agissait en fait de ses premiers pas dans le domaine lyrique, et ses tendances gauchistes n’étaient pas faites pour plaire en ces dernières années du Second Empire.
Lalo accepta la situation sans protester, mettant ses espoirs dans une production à l’Opéra de Paris. Mais ces espoirs s’évanouirent lorsque la guerre éclata en 1870, et un projet ultérieur de mise en scène à Bruxelles avorta lui aussi, en dépit du vigoureux soutien de Gounod. Certaines scènes, y compris l’ouverture, furent jouées lors des concerts de Lalo, et la partition piano-chant fut publiée avec une traduction allemande en plus du texte français. Elle n’attira pas plus l’attention, et vers la fin de sa vie Lalo démembra son opéra pour le recycler dans ses dernières œuvres. Le Divertissement pour orchestre, bien connu, absorba une scène de l’opéra, et une grande partie de la Symphonie en sol mineur, de 1886, fut empruntée à Fiesque. Presque tout l’opéra fut réutilisé, dans des mélodies et des chœurs, et dans une extraordinaire « pantomime », Néron, mise en scène avec faste à l’Hippodrome en 1891, et jamais entendue depuis.

Opéra d’action et d’intrigues se déroulant à Gênes en 1547, Fiesque s’inspire d’une pièce de jeunesse de Schiller, Die Verschwörung des Fiesco zu Genua. Le personnage historique de Fiesco fut le chef d’une conspiration contre la famille régnante des Doria, doges de Gênes. L’argument tourne autour de l’amour de Fiesque pour Julie, fille de son ennemi Andreas Doria, et des amers soupçons de sa femme, Léonore. Fiesque est aussi confronté à Verrina, vieux républicain fanatique qui se défie de ses promesses de renverser les Doria, surtout lorsqu’il apprend sa passion pour la fille de Doria.

Dans le dernier acte, les Doria sont renversés ; la foule acclame Fiesque et Léonore dans une marche triomphale, mais Verrina refuse de laisser Fiesque s’emparer du pouvoir suprême et le tue en le jetant dans les eaux du port.

Fiesque est un beau rôle de ténor. Son solo de l’acte II, « Le Rêve de Fiesque », est prenant, même si le personnage pâtit de son ambition et de sa faiblesse pour la fille du doge. Les personnages des deux femmes sont clairement différenciés. L’œuvre comporte des chœurs magnifiques, une scène de marché attrayante, et un personnage comique, Hassan, domestique aux ambitions d’assassin. L’invention de Lalo est remarquable, et l’écriture orchestrale est tantôt énergique, tantôt poignante. Cette renaissance de Fiesque ajoutera une œuvre marquante au répertoire des opéras français.
Hugh MacDonald
Traduction de l’anglais par Josée Bégaud

Mercredi 26 juillet Conférence « Fiesque » de Lalo
11h00 Jardins de la Maison des Relations Internationales

par Hugh MacDonald
Professeur à l'Université de Washington


Diffusion en léger différé le 27 juillet à 20h30 sur France Musique (à Montpellier fréquence 96,4 MHz)

Tarif normal 37€/23€/14€
Tarif réduit 29€/14€/8€

Avec l’aide de la Caisse d’Épargne Languedoc-Roussillon