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> Musique électroacoustique du GRM

Coproduction GRM de l'Ina

18h - Salle Pasteur / Le Corum

 

Lundi 23 juillet
 

 


pierre charvet©Stephane Ouzounoff
Pierre Charvet




 

arnaud rebotini©Stephane Ouzounoff
Arnaud Rebotini



Live electronic
 
Pierre Charvet
And death, pour alto et électronique
Sébastien Lévy, alto

En art et en musique en particulier, j’ai toujours pensé qu’il était plus facile d’être grave que léger.
Comme son titre l’indique And death est pourtant une pièce grave. Vladimir Nabokov, qui est le créateur non musicien qui a sans doute le plus contribué à former mon goût et ma manière de penser, était génialement doué pour le bonheur. À la question « qu’est-ce qui vous surprend dans la vie? », il avait répondu : « le prodige de la conscience, cette fenêtre qui s’ouvre brusquement sur un paysage ensoleillé au milieu de la nuit du non être ». (*) Comme je suis encore loin d’avoir atteint la sérénité du grand Vladimir, And death est une pièce sur les horreurs et tourments de la conscience et de la nuit du non être. Son titre est emprunté aux premiers mots du poème de Dylan Thomas : « And death shall have no dominion ».

 (*) : la v.o. est plus élégante, car la forme y magnifie le fond : « the marvel of consciousness, that sudden window swinging open on a sunlit landscape amidst the night of non being ».

 
puce Arnaud Rebotini
Grind,  pour batterie et électronique
Fabrice Moreau, batterie

Le titre de la pièce renvoie à un sous-style du rock (le grind-core) qui poussait le concept du hard-core (vite et fort) à son paroxysme, cela pouvait aller jusqu’à l’exécution de micro-morceaux dont la durée n’excédait pas une à deux secondes.
Grind est un jeu avec les topos du rock industriel, du death metal, et autre courant extrême du rock.
Ces éléments sont traités comme des « objets sonores » se confrontant ou se fondant à un univers électronique abstrait.
Les effets de masse sonore, de dynamique, et de rupture seront notre champ d’investigation.

 

gilles racot©Stephane Ouzounoff
Gilles Racot

puce Gilles Racot
Ipso, pour clarinette et électronique
Claude Crousier, clarinette

(Ipso : en latin « cela même »)
Les parties électroacoustiques ont toutes pour origine exclusivement des sons de clarinettes (clarinettes si b et basse) d’après des séquences écrites pour l’instrument (jouées par Claude
Crousier), et enregistrées en vue des traitements numériques.
La confrontation des sons métamorphosés de la clarinette avec la clarinette elle-même en situation de concert, explique l’intitulé du titre de la pièce.
L’intégralité de la trajectoire de l’œuvre expose l’instrument soliste comme “chant” central des tissus d’écritures. Tissus changeant, explorant les registres par pans larges et polyphoniques ou serrés et tendus, évoluant souvent progressivement par inductions, parfois par variations très
rapides, jusqu’aux oppositions ou mutations d’animations rythmiques et serrées de textures.
Le chant de la clarinette suit un chemin privilégié dans le réseau des fils du tissu sonore, et en accuse toutes les mutations et la force des articulations.
Les deux tendances d’écritures induisent deux natures d’écoutes et de perceptions du temps : l’une contemplative avec un écoulement lisse des instants et l’autre sur-active avec l’exercice de l’énergie modulée d’instabilité et de frénésie.
Production : en résidence dans les studios du CIRM

 
luis naon©Stephane Ouzounoff
Luis Naon

puce Luis Naon
Diabolus urbanus », pour alto et électronique
Cyprien Busolini, alto

Cette pièce est la 15ème du cycle Urbana*, et la première d'un quatuor de pièces solistes avec des sons fixés ou de l'électronique live (les trois autres font appel au saxophone, à la clarinette et au hautbois).
Dans cette pièce je me propose de toucher des extrêmes. Le cadre y est pour beaucoup, il constitue une contrainte forte, tant formelle que substantielle de l'œuvre : la solitude réelle d'un musicien face à son public, épaulé par des sons dont il est le dépositaire artistique et l'interlocuteur privilégié.
Dans toute pièce mixte, nous avons cet incontournable couple perceptif: la présence et l'absence, un imaginaire double. En ce qui concerne les sons fixés - où l'interprétation est réduite à l'espace de projection - nous espérons entendre le compositeur lui-même, sans intermédiaire, alors que l'interprète nous livre, simultanément, son propre vécu de l'œuvre, il devient pour le spectateur sa propre image, son héros d'un quart d'heure.
Le public, complice de cet état des choses se situe entre les deux : entre la peau et le vêtement, entre le cadre et la toile, entre la scène et les acteurs, entre le scénario et la caméra. Pris dans le piège de l'observation, une observation qui ne peut que devenir subversion, à l'intérieur de l'énergie et du mouvement, il devient l'acteur de l'événement.
Dans un cadre où les forces sont essentiellement sonores l'œuvre peut avoir lieu à condition que le public attrape, hors champ, une réalité, la musique, dont on ignore l'ultime voyage.

* dans le cycle Urbana, les dénominateurs communs sont l'espace et la ville, sous des aspects différents. Le but du cycle est d'investir un jour notre espace quotidien.
Les autres buts sont, dans le désordre : écrire sans cohésion pendant quelques années ; ne pas finir une œuvre, mais réaliser des fragments ; casser le cadre, petit et souvent insatisfaisant, de l'œuvre classique symbole de reconnaissance et source d'absurde admiration ; construire un univers dont les parties soient interchangeables et soumises, plus tard, à de nouvelles lois ; participer par mon travail au monde créatif d'autres artistes ; soumettre et remanier ces matières dans d'autres cadres où l'individualité est mise au service d'un groupe (metteur en scène, écrivain, vidéaste, chorégraphe, plasticien) ; bâtir une utopie.