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> Musique électroacoustique du GRM

Coproduction GRM de l'Ina
18h - Salle Pasteur / Le Corum
 

Mardi 24 juillet
 
 



Akousma
 

bernard parmeggiani©Stephane Ouzounoff
Bernard Parmegiani

Bernard Parmegiani

La Roue Ferris 1971

"Cette pièce envoûtante et efficace, mécanique et organique, est sans doute l'apogée de la manière répétitive du compositeur, ce qui signifie chez lui la tentative de capturer un "instant perpétuel". La Roue Ferris est le nom que donnent les mexicains à un cercle garni de feux d'artifices qui tourne et s'envole en se consumant. Machine sauvage et folle, elle symbolise le mouvement du temps qui s'éternise et s'abolit par des répétitions cycliques."
(Régis Renouard Larivière in Portrait Polychrome - Bernard Parmegiani )

"La roue tourne encore, confondue avec sa propre résonance dont elle entretient, avec acharnement, les variations. Elle ne fait qu'esquisser un mouvement régulièrement évolutif autour d'un axe constant. Chacun de ses tours entraîne des épaisseurs sonores dont les couches successives s'interpénètrent et jouent en des entrelacs très fluides, se métamorphosent en fils sonores qui évoquent les nuages légers, habités par les cris des martinets tournoyant lorsque l'air est chaud; le merveilleux naît et meurt, nous laissant l'illusion de la durée." B.P.

Entre-temps 1992
Entre-temps débute par l'image la plus symbolique mais aussi la plus illusoire de l'écoulement au ralenti de la durée; à savoir la décélération du tic-tac d'une pendule. Dans les interstices, laissées libres entre ces évènements ponctuels, des échappées sonores apparaissent, pareilles aux images souvenirs d'un quotidien proche ou lointain. Images brumeuses souvent, comme celles qu'offre la mémoire lorsqu'on cherche à s'évader d'une réalité présente, trop banale.
Par opposition, dans le deuxième mouvement, le jeu d'un corps sonore en continuels rebondissements fixe l'attention sur l'immédiat, malgré les silences qui séparent les figures et les trajectoires. Leur continuelle variation ne laisse plus le loisir d'échapper à l'évolution en cours. Chaque silence devient attente, l'entre-temps désormais semble dissolu.
Un contrepoint apparaît alors pour diversifier ce jeu, une sorte de divertissement de la part des corps sonores à la dérive. Plus loin apparaissent de nouveaux écarts de sinuosités harmoniques, exclues dans un hors temps, dilatées et lentes à se mouvoir, extraites un moment de leur contexte avant d'y être réintégrées sous forme d'un contrepoint rythmique. Un jeu où les différents éléments se mèlent, se combinent et tentent de conjuguer les instants avec les entre-temps…finalement déterminants dans le déroulement ininterrompu, incompressible et irréversible du temps.

Cette pièce a reçu le Grand Prix International : « Golden Nica »- Ars Electronica en 1993

 
stephane dhomont©Stephane Ouzounoff
Stéphane dhomont

puce Francis Dhomont
Un autre Printemps
pour le film Mein Kino für die Ohren de Uli Aumüller (2000 - 6’)

à Uli A. et Antonio V.

Cette musique d’application comportait ses propres règles, différentes de celles d’une œuvre libre. Un autre Printemps fait bien sûr écho au célèbre concerto de Vivaldi, véritable fil rouge du film de Uli Aumüller, mais il le détourne, l’altère, le recycle. La place importante accordée aux mouvements de l’eau et à ses mutations correspond à la métaphore printanière du jaillissement, si présente à l’image. Mais ici le son de la Nature interroge la nature du son; les éléments figuratifs et référentiels du début glissent progressivement vers l’abstraction, grâce aux traitements qui en travestissent l’origine. Pour conclure, le son retournera au sens.

Cette façon de chercher dans le sonore la beauté qu’il contient pour l’organiser en structures me rappelle l’époque où, pour gagner ma vie, je sculptais le bois en m’inspirant de ses formes naturelles. Dans les deux cas j’ai tenté de réconcilier la volonté et le hasard, le perçu et le conçu, la nature et l’artifice.

Remerciements à Jean René, altiste, pour quelques robustes matériologies.

À propos de K  Automne 2006 - 22:00

Les œuvres d'envergure comme ...mourir un peu, Sous le regard d'un soleil noir ou Forêt profonde, me demandent toujours une longue période de réflexion (des années parfois) et de nombreuses ébauches.
À propos de K, où il est évidemment question de Kafka, est l'une de ces recherches préliminaires pour Le cri du Choucas, un long travail en cours sur l'univers et la personnalité de cet auteur. D'autres études existent déjà, comme Brief an den Vater — sur le texte en allemand de la Lettre au père — créée au ZKM de Karlsruhe en 2005, ou Premières traces du Choucas qui a été récemment présentée à Bruxelles et à Montréal en création.

Kavka est le nom tchèque du choucas, sorte de corbeau, dont l'effigie servait d'enseigne au magasin de Hermann Kafka, père de Franz. La symbolique animale, très présente chez Kafka, m'a suggéré ce rapprochement et ce titre pour ce troisième volet de mon Cycle des profondeurs : cri profond, solitaire, jamais emphatique et souvent étouffé, qui se fait entendre dans chaque roman de Kafka, dans chaque récit, fût-il fragmentaire. Quant au C majuscule attribué dans mon titre au mot choucas, il confirme qu'il s'agit ici d'un nom propre.

Dans cet À propos, pas encore de texte mais une recherche sonore et une approche impressionniste des thématiques kafkaïennes guidées par les écrits de Marthe Robert; celles concernant l'écrivain — la culpabilité, le père, l'ascétisme, la solitude, la maladie — qui se confondent souvent avec celles de l'œuvre — les dédoublements, la Loi, la judéité, le célibat — et avec l'écriture elle-même profondément marquée par les mécanismes qui contribuent à l'élaboration du rêve : « Le talent que j'ai pour décrire ma vie intérieure, vie qui s'apparente au rêve - note Kafka - a fait tomber tout le reste dans l'accessoire (...) ». Kafka, Journal, p. 385.