
Bernard Parmegiani
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Bernard
Parmegiani
La Roue Ferris 1971
"Cette pièce envoûtante
et efficace, mécanique et organique, est sans doute l'apogée
de la manière répétitive du compositeur, ce qui
signifie chez lui la tentative de capturer un "instant perpétuel".
La Roue Ferris est le nom que donnent les mexicains à un cercle
garni de feux d'artifices qui tourne et s'envole en se consumant. Machine
sauvage et folle, elle symbolise le mouvement du temps qui s'éternise
et s'abolit par des répétitions cycliques."
(Régis Renouard Larivière in Portrait Polychrome - Bernard
Parmegiani )
"La roue tourne encore, confondue
avec sa propre résonance dont elle entretient, avec acharnement,
les variations. Elle ne fait qu'esquisser un mouvement régulièrement évolutif
autour d'un axe constant. Chacun de ses tours entraîne des épaisseurs
sonores dont les couches successives s'interpénètrent
et jouent en des entrelacs très fluides, se métamorphosent
en fils sonores qui évoquent les nuages légers, habités
par les cris des martinets tournoyant lorsque l'air est chaud; le merveilleux
naît et meurt, nous laissant l'illusion de la durée." B.P.
Entre-temps 1992
Entre-temps débute par l'image la plus symbolique mais aussi
la plus illusoire de l'écoulement au ralenti de la durée; à savoir
la décélération du tic-tac d'une pendule. Dans
les interstices, laissées libres entre ces évènements
ponctuels, des échappées sonores apparaissent, pareilles
aux images souvenirs d'un quotidien proche ou lointain. Images brumeuses
souvent, comme celles qu'offre la mémoire lorsqu'on cherche à s'évader
d'une réalité présente, trop banale.
Par opposition, dans le deuxième mouvement, le jeu d'un corps
sonore en continuels rebondissements fixe l'attention sur l'immédiat,
malgré les silences qui séparent les figures et les trajectoires.
Leur continuelle variation ne laisse plus le loisir d'échapper à l'évolution
en cours. Chaque silence devient attente, l'entre-temps désormais
semble dissolu.
Un contrepoint apparaît alors pour diversifier ce jeu, une sorte
de divertissement de la part des corps sonores à la dérive.
Plus loin apparaissent de nouveaux écarts de sinuosités
harmoniques, exclues dans un hors temps, dilatées et lentes à se
mouvoir, extraites un moment de leur contexte avant d'y être
réintégrées sous forme d'un contrepoint rythmique.
Un jeu où les différents éléments se mèlent,
se combinent et tentent de conjuguer les instants avec les entre-temps…finalement
déterminants dans le déroulement ininterrompu, incompressible
et irréversible du temps.
Cette pièce a reçu le Grand
Prix International : « Golden Nica »- Ars Electronica en
1993 |
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Stéphane dhomont |
Francis
Dhomont
Un autre Printemps
pour le film Mein Kino für die Ohren de Uli Aumüller
(2000 - 6’)
à Uli A. et Antonio V.
Cette musique d’application comportait
ses propres règles, différentes de celles d’une œuvre
libre. Un autre Printemps fait bien sûr écho
au célèbre concerto de Vivaldi, véritable fil
rouge du film de Uli Aumüller, mais il le détourne, l’altère,
le recycle. La place importante accordée aux mouvements de l’eau
et à ses mutations correspond à la métaphore printanière
du jaillissement, si présente à l’image. Mais ici
le son de la Nature interroge la nature du son; les éléments
figuratifs et référentiels du début glissent progressivement
vers l’abstraction, grâce aux traitements qui en travestissent
l’origine. Pour conclure, le son retournera au sens.
Cette façon de chercher dans le
sonore la beauté qu’il contient pour l’organiser
en structures me rappelle l’époque où, pour gagner
ma vie, je sculptais le bois en m’inspirant de ses formes naturelles.
Dans les deux cas j’ai tenté de réconcilier la
volonté et le hasard, le perçu et le conçu, la
nature et l’artifice.
Remerciements à Jean René,
altiste, pour quelques robustes matériologies.
À propos de K Automne
2006 - 22:00
Les œuvres d'envergure comme ...mourir
un peu, Sous le regard d'un soleil noir ou Forêt profonde,
me demandent toujours une longue période de réflexion
(des années parfois) et de nombreuses ébauches.
À propos de K, où il est évidemment question de Kafka,
est l'une de ces recherches préliminaires pour Le cri du Choucas, un
long travail en cours sur l'univers et la personnalité de cet auteur.
D'autres études existent déjà, comme Brief an den
Vater — sur le texte en allemand de la Lettre au père — créée
au ZKM de Karlsruhe en 2005, ou Premières traces du Choucas qui a été récemment
présentée à Bruxelles et à Montréal en création.
Kavka est le nom tchèque du choucas,
sorte de corbeau, dont l'effigie servait d'enseigne au magasin de Hermann
Kafka, père de Franz. La symbolique animale, très présente
chez Kafka, m'a suggéré ce rapprochement et ce titre
pour ce troisième volet de mon Cycle des profondeurs : cri profond,
solitaire, jamais emphatique et souvent étouffé, qui
se fait entendre dans chaque roman de Kafka, dans chaque récit,
fût-il fragmentaire. Quant au C majuscule attribué dans
mon titre au mot choucas, il confirme qu'il s'agit ici d'un nom propre.
Dans cet À propos, pas
encore de texte mais une recherche sonore et une approche impressionniste
des thématiques kafkaïennes guidées par les écrits
de Marthe Robert; celles concernant l'écrivain — la culpabilité,
le père, l'ascétisme, la solitude, la maladie — qui
se confondent souvent avec celles de l'œuvre — les dédoublements,
la Loi, la judéité, le célibat — et avec
l'écriture elle-même profondément marquée
par les mécanismes qui contribuent à l'élaboration
du rêve : « Le talent que j'ai pour décrire ma vie
intérieure, vie qui s'apparente au rêve - note Kafka -
a fait tomber tout le reste dans l'accessoire (...) ». Kafka,
Journal, p. 385. |
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