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calendrier 18h

rv 18h
> Musique électroacoustique du GRM
Coproduction GRM de l'Ina

18h -
Salle Pasteur / Le Corum
 

Vendredi 27 juillet
 
 



Concert vidéo
 
From Ivry
film et musique d’ Andrea Liberovici (2005) avec la participation d’Ivry Gitlis

J'ai connu Ivry Gitlis par hasard, dans un restaurant de Saint Germain des Prés. Nous étions assis l'un à côté de l'autre et il me regardait. Après quelques minutes il m'a demandé: « mais vous êtes compositeur ou metteur en scène? ». J'aurais voulu lui répondre: mais vous, qui êtes-vous? Un magicien, un agent de police ou bien un envoyé spécial de quelques divinités?
Et c'est ainsi que commença notre amitié, une affinité élective captée dans l'air d'un restaurant par le sensible medium Ivry. Ceux qui connaissent un peu mon travail, savent que depuis une dizaine d'années (mais peut-être depuis toujours) je ne compose pas de musique "pure", (aussi, parce que je ne crois pas qu'elle existe), mais plutôt une musique appliquée aux langages comme la poésie, à la scène théâtrale (j'ai d'ailleurs fondé en Italie un groupe qui s'appelle, pas par hasard, "Théâtre du Son"), aux installations, et tout dernièrement à l’audiovisuel. C'est ainsi que je me suis transformé en compositeur-metteur en scène.
Lors de notre conversation au restaurant, Ivry m'a raconté que le compositeur Bruno Maderna lui avait dédicacé, dans les années 50, une œuvre pour violon solo intitulée "Pour Ivry". J'ai ainsi eu l'idée de réaliser une pièce issue de ses libres improvisations. Ainsi est née "From Ivry".
J'ai composé ce travail en même temps, et directement, pour musique et images (à la différence de mes travaux précédents). J'ai appris par mon maître d'élection Peter Greenaway, que les images, surtout en mouvement, suivent les mêmes "règles" de composition que la musique: elles sont rythme, timbre, harmonie, etc.
Dans mon cas, étant de formation davantage musicale que visuelle, chaque choix visuel naît directement du son: le son étant la mère, l'image le fils. De la session d'improvisations au violon, que Ivry est venu enregistrer à la Maison de la Radio, j'ai utilisé non seulement des fragments de violon mais aussi sa voix (chaque son utilisé dans "From Ivry" provient seulement de Ivry: il n'y a pas d'autres instruments ou voix).
La voix d'Ivry est en effet de timbre sombre et elle raconte incroyablement – peut-être même à son insu - sa zone "nocturne", plus intime. J'ai ainsi pensé créer une dialectique contrapuntiste entre une espèce de "nuit-rêve" conduite par sa voix, et le grand instrument de la "représentation et de la lumière" (le son du violon joué avec la maestria qu'on connaît) ; les mains sont l'intermédiaire de cette dialectique entre "âme" et "instrument", "noir" et "lumière".
La durée de "From Ivry", je ne sais à cause de quelle étrange association mentale, a toujours été pour moi, et dès le premier instant, de 15 minutes. J'ai ainsi subdivisé la partie visuelle en dix chapitres, dédiant 90 secondes à chaque doigt des mains du violoniste.
Pendant la période de gestation et de création de cette pièce, j'ai eu le moyen de fréquenter et d'apprécier de plus en plus l'ami et le musicien Ivry. Je crois avoir travaillé à ce projet comme les portraitistes classiques, étant près de lui jour après jour, cherchant dans les détails apparemment insignifiants, les moments de vérité.
Je ne sais pas si j'ai réussi, mais l'émotion d'Ivry, quand il a entendu pour la première fois mon "portrait acoustique", est le souvenir le plus beau de tout ce surprenant projet, qui s'est matérialisé sur la toile du hasard, dans un restaurant italien de Saint Germain des Prés.


 
mathieu chamagne©Stephane Ouzounoff
Mathieu Chamagne
puce Espaces croisés
musique et images live de Mathieu Chamagne
commande du GMEA, Centre de Création Musicale
d'Albi-Tarn, avec le soutien de l'Etat (2006)

C’est la rencontre entre un improvisateur/interprète et une pièce électroacoustique composée/décomposée en cellules autonomes, placés dans un espace de jeu à la fois virtuel et
tangible. Dans cet espace mixte, interfaces gestuelles et modèles physiques se rejoignent et donnent naissance à une musique à la fois écrite, improvisée, et chaotique...
Espaces croisés est structuré en 3 parties, correspondant chacune à un «réservoir» de cellules choisies et à un espace de jeu distinct. Chacun de ces réservoirs est constitué d’un nombre donné de cellules qui ont chacune une durée de vie limitée, ainsi qu’un champ d’action et des possibilités de connexion et de modulation défini. À chacune de ces parties correspond, dans l’espace de jeu tangible, une sélection d’objets et d’actions mise à la disposition de l’interprète.
Une représentation graphique de l’espace de jeu virtuel est générée en temps réel et montrée à l’auditeur en discontinu, uniquement à des instants choisis, pour lui permettre d’appréhender
simplement et visuellement le dispositif sans pour autant lui imposer en permanence une visualisation de la musique qui pourrait perturber l’écoute.

 


puce Monster 600
film de Laurent Chanez sur une musique de christian Zanési et Arnaud Rebotini

C’est après une rencontre avec Arnaud Rebotini d’abord, puis avec Christian Zanési, que Laurent Chanez a eu l’envie de produire et réaliser un film sur leur musique.
La musique a été composée au Grm quelques jours avant le tournage. Tout s’est fait en quelque sorte dans l’urgence et l’inspiration du moment. Le titre « Monster 600 » fait référence à la moto italienne du même nom ; matière sonore qui irrigue la pièce musicale. Au cœur de l’image, les mouvements d’une danseuse qui se découvre peu à peu...


Laurent Chanez , Christian Zanési et Arnaud Rebotini