Le Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon
14 - 31 juillet 2008
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Soirées :   14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 21 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31


Mercredi 16 juillet - 20h - Opéra Berlioz / Le Corum

Fedra
Ildebrando Pizzetti


Opéra - Fedra - Ildebrando Pizzetti  - 16 juillet 2008 - Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon


Opéra en 3 actes (1909/12)
Livret de Gabriele d’Annunzio
Version concert - Création



HASMIK PAPIAN soprano, Fedra
GUSTAVO PORTA ténor, Ippolito
CHANG HAN LIM baryton,Teseo
CHRISTINE KNORREN contralto, Etra
MARTIN TZONEV basse, L’auriga Eurito d’Ilaco, Il Messo
MIHAELA BINDER-UNGUREANU mezzo-soprano, La Nutrice Gorgo
URAN URTNASAN-COZZOLI soprano, La schiava Tebana
TOMISLAV LUCIC basse, Il Mercante Fenicio



ORCHESTRE NATIONAL DE MONTPELLIER LANGUEDOC-ROUSSILLON
CHŒUR DE LA RADIO LETTONE
CHŒUR D’ENFANTS OPERA JUNIOR


Enrique Mazzola, direction

Avec l'aide de la Caisse d'Epargne Languedoc-Roussillon


Diffusion sur France Musique (fréquence 96.4) en direct

Professeur de composition au Conservatoire de Parme, Pizzetti s’installe à Florence en 1908. Il y vivra jusqu’en 1924 date à laquelle il devient Directeur du Conservatoire de Milan.
A Florence, où il enseigne l’harmonie et le contrepoint puis dirige l’Institut Musical (futur Conservatoire) il devient une personnalité éminente de l’avant-garde italienne. C’est alors que son amitié avec d’Annunzio qui lui avait demandé quelques années auparavant de composer une musique de scène pour La Nave prend une tournure définitive et culmine avec leur collaboration dans Fedra.

D’Annunzio écrit le livret d’après son propre drame inspiré du drame d’Euripide. Phèdre, mariée à Thésée, s’éprend du fils de son époux Hippolyte. Rejetée par le jeune homme, elle se suicide en accusant Hippolyte de l’avoir déshonorée. Fedra révèle un Pizzetti fasciné par le classicisme antique et le monde hellénique, attiré par la musicalité des vers de d’Annunzio et uniquement préoccupé de personnages au caractère exalté. Son héroïne, mène le drame par ses pulsions instinctives, ses gestes irrationnels, sa fascination pour la mort qui lui apporte l’illusion de sa victoire, sa rébellion contre les dieux.

Le traitement musical de Fedra, répond à l’intention de Pizzetti de créer un nouveau drame italien hors des partis pris et des excès germaniques ou véristes. Il voudrait plutôt retenir la leçon de sobriété des Académies florentines de la Renaissance. Le chant reste syllabique et déclamé, dans le registre central des voix et calqué sur le rythme des vers du poète. L’orchestre soutient le drame, alors que le compositeur l’a doté d’une musique sobre, âpre et retenue. L’emploi de la modalité ancienne induit un archaïsme sonore qui élimine les couleurs voyantes. La densité symphonique née d’un tissu mélodique très serré, se passe volontiers du chant des sirènes impressionnistes. Au contraire, cette trame compacte, qui se situe cependant dans la continuité de la musique des mots, échappe à l’actualité du drame. Elle l’ancre dans le passé, ou l’inscrit dans le futur. Le chœur, quant à lui fait partie intégrante du drame en incarnant des groupes de personnages. Quand il devient étranger à l’action, comme dans la tragédie antique il la commente.
L’œuvre particulièrement éloquente et poignante, suscite beaucoup d’émotion alors même qu’elle se termine dans le calme, pour accompagner Phèdre dans la mort.

Catherine Michaud