Le Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon
14 - 31 juillet 2008
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Soirées :   14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 21 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31


Samedi 19 juillet - 20h - Opéra Berlioz / Le Corum


Orchestre Philharmonique de l’Oural

Direction Dmitri Liss

Augustin Dumay violon
Alexander Kniazev violoncelle
Nelson Goerner piano


Changement de programme
- 1ère partie
Augustin Dumay étant souffrant, le triple concerto de Paul Juon ne pourra être joué. Nous remercions Nelson Goerner d'avoir accepté de jouer en remplacement, le Concerto pour piano et orchestre n°1 en mi bémol Majeur de Franz Liszt et Alexander Kniazev de jouer Les variations sur un thème rococo pour violoncelle et orchestre opus 33 de Piotr Ilyich Tchaikovski.
Nos remerciements s'adressent également à l'Orchestre de l'Oural et au Chef d'Orchestre, Dmitri Liss.

 Augustin Dumay - Alexander Kniazev - Nelson Goerner - Dmitri Liss - Orchestre Philharmonique de l’Oural - 19 juillet 2008 - Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon


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Paul Juon
Triple concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre opus 45 "Épisodes concertants" (1912)
Création  


Piotr Ilyich Tchaïkovski
Symphonie n° 6 en si mineur opus 74 “Pathétique”



Conférence -
Les courants de la musique russe
au début du XX° siècle par
André LischkÉ
11h - Salle Einstein/ Le Corum - Entrée Libre

Diffusion sur France Musique (fréquence 96.4)
le 25/08/08 à 20h00



Paul Juon (1872 – 1940)

Triple concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre opus 45 "Épisodes concertants"  (1912) Création

En inscrivant cette œuvre dans sa programmation, le Festival rend justice cette année à un compositeur oublié, dont ses contemporains disaient déjà qu’il fallait réparer l’indifférence du monde musical envers lui et que Rachmaninov, son condisciple au conservatoire appelait « le Brahms russe » !
Son grand-père, originaire du Canton des Grisons en Suisse avait  émigré en Lettonie. Paul Juon est né à Moscou en 1872, dans une famille d’artistes. Il entre au Conservatoire de sa ville natale pour étudier le violon et la composition. Mais c’est à Berlin qu’il choisit ensuite de poursuivre ses études, à l’Académie de Musique où il sera nommé plus tard professeur de composition. Il passe donc une grande partie de sa vie en Allemagne. En 1917, il est élu membre de l’Académie des Beaux Arts de Berlin et reçoit le prix Beethoven en 1927.
La montée du nazisme l’incite à fuir en Suisse en 1934. Le régime nazi ayant refusé de lui verser sa retraite anticipée, il rejoint une partie de sa famille à Vevey, où il meurt, en 1940 oublié de tous. Sa modestie naturelle, l’indifférence des musiciens suisses, la guerre en Europe ont activé sa mise à l’écart.
Compositeur estimé et connu en Allemagne, Paul Juon refusa d’épouser les nouveaux préceptes de l’atonalité, allant jusqu’à penser que Schönberg, s’étant aventuré dans un courant « froidement intellectuel » n’aboutirait que dans un « cul-de-sac ». Cela ne suffit pas à expliquer son oubli. En effet, Rachmaninov, son exact contemporain, échappa lui aussi à l’influence de la musique moderne allemande et n’en disparut pas pour autant du répertoire des grandes formations symphoniques. La musique de Paul Juon offre autant de séduction que la sienne et reste elle aussi dans la veine des musiques qui cherche l’ivresse des sens et parle à l’imagination. Paul Juon a toujours refusé cependant de la solliciter par des titres flatteurs ou suggestifs.
Ces Épisodes concertants résument la position délicate de Paul Juon qui clôt une époque mais en ouvre une autre, appartient à une école de composition, mais en revendique une autre, d’âme et de cœur.
Les inflexions et la vivacité d’éloquence du violoniste Augustin Dumay vont servir merveilleusement cette partition haute en couleurs. Nelson Goerner, familier de Rachmaninov possède la virtuosité et la sonorité ample et lumineuse particulièrement indiquée pour la partie de piano et Alexander Kniazev apportera par son violoncelle exalté la chaleur de l’imaginaire russe.
Ecrite en 1912,  cette œuvre doit à l’Allemagne toute sa cohérence formelle en trois parties qui en appellent au concerto classique. Les combinaisons y sont multiples, dans la  façon dont se répartissent les interventions entre le trio et l’orchestre. De même qu’à l’intérieur du trio les dosages restent diversifiés avec beaucoup de rigueur. En fait l’œuvre séduit par son ton très expressif et sa richesse d’imagination entièrement fondée sur la mélodie. C’est en ce sens que le compositeur qui se voulait suisse s’avoue ici russe et comme dirait Tchaïkovski « jusqu’à la moelle des os ». Il a gardé les grandes courbes dynamiques du passé pour une musique qui ne se conçoit pas hors de la mélodie, un flot continu qui étreint carrément l’auditeur. Mais ces courbes sont plus courtes, plus dynamiques et peuvent éventuellement se fragmenter ou se décortiquer.  L’œuvre ouvre également l’ère des rythmes irréguliers et des interférences avec la musique populaire, mais  retravaillées en systèmes de composition.  Paul Juon apparaît alors plus moderne.

Piotr  Ilyitch Tchaïkovski
Symphonie n° 6
en si mineur opus 74 « Pathétique »

Le compositeur en dirigea lui-même la création en 1893. L’œuvre ne fût guère appréciée et il fallut attendre le triomphe à la reprise trois semaines plus tard, sous la baguette de Napravnik, mais entre-temps Tchaïkovski s’était suicidé.
Il écrivit que  cette symphonie comportait un programme « profondément subjectif » mais qui ne serait pas divulgué.
Avec son art des gradations efficaces, Tchaïkovski met en scène son univers intime en quatre mouvements osant terminer par un adagio à la place du « bruyant  allegro » traditionnel.
L’œuvre repose sur l’emploi de larges mélodies d’un seul tenant, qui comme toujours chez lui flottent à la surface et interdisent tout développement. Elle est  jalonnée de fragments du requiem orthodoxe, de sonneries majestueuses et d’une valse asymétrique. Ponctuée de chocs instrumentaux terriblement violents, cette symphonie avance sans répit et conduit dans le lamento final au paroxysme d’une tension, si douloureuse qu’en l’écoutant le frère de Tchaïkovski lui en suggéra le titre de « Pathétique ».


Catherine Michaud


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