Samedi 26 juillet - 20h - Opéra Berlioz / Le Corum
Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon
Direction Lawrence
Foster
Aldo Ciccolini piano
Stanislav Vitart ténor :
Mozart
Konstantin Gorny basse :
Salieri
Avec l'aide de Veolia
Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto pour piano et orchestre n°23 en la Majeur KV 488 : Du pur Mozart ! Il réunit ici tous les ingrédients de son génie en même temps qu’il livre, comme d’habitude, ses aspirations les plus intimes. Les trois mouvements de ce concerto, chargés d’une amertume sourde et profonde se teintent parfois d’une joie qui reste toutefois sereine et ne devient jamais débordante. L’allegro initial et l’allegro assai final sont vifs ou vigoureux mais sans exubérance. Mozart une fois encore se complait dans l’ambiguïté comme pour exprimer les contradictions de la vie, où cohabitent toujours ombre et lumière, angoisse et espoir.
L’adagio central bercé par un rythme souplement balancé, et dont la mélodie s’évanouit, peu à peu confine au pathétique.
Mozart reste fidèle à un jeu très serré entre le soliste et l’orchestre. Cette tension, qu’il souhaite bien entendu, nous rappelle qu’il n’y a jamais de sérénité chez lui, seulement quelque résignation.
Mais cette œuvre date du printemps 1786, à un moment où Mozart surchargé de travail affronte de surcroît toutes sortes d’épreuves : les dissensions intestines qui agitent les loges maçonniques et auxquelles Joseph II devra mettre un terme par une nouvelle règlementation et la cabale qui gâche les derniers préparatifs des Noces de Figaro.Concerto pour piano et orchestre n° 20 en ré mineur. KV 466 : Mozart est au sommet de sa carrière de virtuose du piano et de compositeur d’œuvres pour claviers quand il compose ce concerto en février 1785. Il fait alors la fierté de son père qui trouve « magnifique » cette nouvelle partition. Le ton en est cependant, particulièrement tragique. Faut-il y voir l’expression d’une tragédie, liée à la condition humaine et qui dépasserait la propre histoire de Mozart ? Toujours est-il que le pathétique est ici encore plus agressif et constant que dans ses autres concertos. Soliste et orchestre se disputent le matériel thématique. La concurrence oblige le piano à s’imposer par sa virtuosité. Le ton reste fébrile, inquiet, l’atmosphère enfiévrée. La lumière triomphe toutefois, dans l’allegro assai final, alors que dans la romance servant de mouvement lent, le désespoir atteint des sommets.
Nikolai Rimski-Korsakov
Mozart et Salieri : Alors que Les Noces de Figaro, doivent affronter les feux de la rampe en avril 1786, une cabale fomentée par Salieri gâche à la fois la composition du concerto n° 23 et les préparatifs de l’opéra. Il « met ciel et terre en mouvement » et réussit même à convaincre les chanteurs de prendre parti contre Mozart. La querelle ne prend fin que sur ordre de l’Empereur de mettre l’opéra en répétitions. Telle est la réalité, une des raisons qui donna ensuite du crédit à la légende qui courut à Vienne à la mort de Mozart, sur son empoisonnement par Salieri.
Pouchkine relance la scandaleuse accusation en 1830 dans sa pièce en deux scènes.
En 1897, Rimski-Korsakov en fait un opéra reprenant le texte de Pouchkine in extenso. Il raconte les dernières heures de la vie de Mozart empoisonné par Salieri. Ce dernier, désespéré par l’injustice qui fait de Mozart un génie et de lui un « misérable envieux » invite son rival à dîner. Leur conversation conforte Salieri dans l’idée qu’il faut éliminer le dangereux Mozart. Il met du poison dans son verre.
Rimski-Korsakov a pris le parti de privilégier la voix, en suivant les inflexions de la langue russe que Pouchkine a rendue particulièrement musicale et qu’il revendique pour appuyer le caractère national de sa musique. Ce type de déclamation, à la fois poétique et réaliste, lui donne également un prétexte pour pousser encore plus loin l’étude du récitatif et affirmer ainsi son appartenance au groupe des Cinq.
Vraie conversation musicale, cet opéra repose donc sur la déclamation des monologues et des dialogues.L’accompagnement orchestral au tissu musical très dense, étayé de citations chorales du Requiem de Mozart et d’un pastiche de sonate mozartienne, donne beaucoup de profondeur au drame.Catherine Michaud
Master-class sous la direction
d'Aldo Ciccolini
16 au 19 juillet
Médiathèque Emile Zola
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