Le Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon
14 - 31 juillet 2008
Accès presse | Recherche | Newsletter | fils rss
Soirées :   14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 21 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31


Lundi 28 juillet - 20h - Opéra Comédie

Salustia
Giovanni Battista Pergolèse




Opéra en 3 actes (1732)
Livret de S. Morelli d’après Alessandro Severo de Apostolo Zeno

Opéra - Salustia  - Giovanni Battista da Pergolesi- 28 juillet 2008 - Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon Première mondiale

Conception et mise en scène
Jean-Paul Scarpitta

Maria Ercolano soprano, Salustia
JosÉ Maria Lo Monaco mezzo-soprano, Alessandro
Marina De Liso alto, Marziano
Raffaella Milanesi soprano, Giulia
Cyril Auvity ténor, Claudio
Valentina Varriale soprano, Albina

LA CAPPELLA DELLA PIETÀ DE’ TURCHINI
Antonio Florio, direction

Coproduction
Festival Radio France et Montpellier Languedoc Roussillon
Fondazione Pergolesi Spontini
Opéra National de Montpellier Languedoc Roussillon

Avec le soutien de la Fondation Aria

Avec le soutien de l'Istituto Italiano di Cultura de Marseille et du Consolato Generale italiano de Marseille


Conférence - Salustia par Jean-Paul Scarpitta
Samedi 26 juillet - 11h - Salle Einstein/ Le Corum - Entrée Libre


Diffusion sur
France Musique (fréquence 96.4) en direct et UER le 28/07

Mezzo enregistrera le Salustia, avec le concours de Karl More Production et de Benjamin Bleton. Diffusion le 6 septembre 2008 à 20h30, le 19 septembre 2008 à 10h00 et le 28 septembre 2008, à 17h00.


Salustia, Une rassurante clarté

Salustia aime sans mesure.
Elle semble solliciter toute sa mémoire, sa finesse et son imagination devant la destinée et en particulier devant son rôle au côté de son époux, l’empereur Alessandro.
Jamais elle ne juge, toujours comprend, parfois s’émerveille. Elle est en quelque sorte la clairvoyance, l’égalité d’âme, le don des larmes, la générosité, le dévouement, le sacrifice, le silence, le courage jusqu’à la mort. Sa détermination est d’empoigner tout ensemble ces regrets, ces remords et ces questions.
Une mise en scène qui s’inspire des manifestations du cœur, une mise en scène qui doit le réjouir afin de restituer la lumière d’une présence que l’on rencontre si rarement dans la vie et en rendre grâce.
Connaître quelqu’un est une tâche infinie, si limitée. Les actes, les paroles, les silences peuvent être racontés, interprétés… les pensées sont inaccessibles.  Ce qui est le plus important n’est pas ce que pense Salustia mais ce qu’elle donne à penser.
La connaître c’est l’aimer bien sûr, mais aussi s’aimer soi-même d’une humanité capable de tant de bonté.
Une bonté souvent mise à l’épreuve tout au long de l’opéra dans une Rome, presque énigmatique, remplie de vanité, de pouvoir, de duplicité.
L’Histoire, les femmes le savent toutes, reste l’apanage officiel des hommes ; pour se glisser dans ses rouages sans être broyée il faut feindre, ruser, se créer des alliés puissants, distribuer des faveurs, séduire, corrompre, punir et savoir, quand il le faut, sortir de scène.
En cela, Salustia est une femme d’aujourd’hui. De nos jours, l’ignorance n’est-elle pas grandissante ? La vulgarité n’est-elle pas envahissante ?
Tout présuppose le vide, la faiblesse masculine… les mâles sont au plus bas, leur bassesse animale remonte.
Salustia est-elle une victoire ? Oui, car il n’y a pas de calcul en elle. Seule la pensée compte.
Elle nous dit de ne pas nier ni rejeter ce que nous sommes : des êtres pensants…
Autour d’elle les personnages s’animent et se confrontent : l’impératrice Giulia, Albina, Claudio et son père Marziano. Ils ont tous des caractères forts, et sont tantôt esclaves de l’apparence, du conformisme et de leur ego…
Ils ne sont pas inanimés. L’intrigue se crée sous nos yeux et nous révèle l’ambiguïté de ce que nous sommes.
C’est le premier opéra que Pergolese a composé.  Sa musique d’une grande force d’expression, annonciatrice de beaux moments, nous guide :  la musique d’un tout jeune homme qui exprime la poésie qui pense et se déploie... une manière de tenir en éveil sa pensée et sa réflexion.

Jean-Paul Scarpitta