Le Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon
14 - 31 juillet 2008
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Soirées :   14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 21 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31


Mercredi 30 juillet - 20h - Opéra Berlioz / Le Corum


Orchestre National de France
Direction
Daniele Gatti

Kate Aldrich mezzo-soprano
Saimir Pirgu ténor
Lorenzo Regazzo basse




Igor Stravinski
ONF - Daniele Gatti - 30 juillet 2008 - Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon
Pulcinella, ballet en 1 acte d'après Pergolèse
pour solistes et orchestre (1919-20, révision 1965)



Serge Prokofiev
Roméo et Juliette, extraits du ballet opus 64
version Daniele Gatti


Avec l'aide de la Société Générale

Diffusion sur France Musique (fréquence 96.4) le 04/08/08 à 20h00




Pulcinella

Au début des années folles, Serge Diaghilev demande à Stravinski de composer pour ses Ballets Russes, une œuvre qui ressusciterait un compositeur italien du XVIIIe siècle et réactiverait les principes de la Commedia dell’Arte. Il avait l’intention de confier la chorégraphie à Léonid Massine et les décors à Picasso.
Polichinelle, balourd ivrogne remporte trop de succès féminins, pour que ses rivaux n’aient  pas envie de le supprimer.
Mais tout finit en embrassades après force déguisements, transformations, morts et  résurrections.
Cette proposition arrive à point nommé en offrant à Stravinski l’occasion de prendre le virage musical qu’il souhaite indéniablement amorcer. Sous prétexte d’un apparent néo classicisme, il opte pour un orchestre réduit auquel il intègre trois voix ( soprano, ténor et basse).  Mais s’il rompt avec la Russie et sa réputation de sauvage, Stravinski fidèle à lui-même  fait subir à Pergolèse, son compositeur de référence, une métamorphose pleine de raffinements et d’ironie, avec de surcroît, sa signature rythmique, ses facéties de timbres inouïs et ses couleurs toniques.

Roméo et Juliette
De retour en URSS en 1934, Prokofiev reçut la commande de ce ballet par le Kirov. Le théâtre de Shakespeare, faisait alors partie des grandes sources d’inspiration de la culture soviétique. Il se met au travail avec le metteur en scène, Radlov et le chorégraphe Lavrovski. Mais l’œuvre aborde la scène avec difficulté.
La musique est jugée trop compliquée pour être dansée.
La création de Roméo et Juliette se fera en Tchécoslovaquie et la première soviétique n’aura lieu qu’en 1940, à Leningrad. Il est vrai que la musique de Prokofiev n’a rien d’ « officiel ». Fort de son expérience en France, avec Diaghilev, le compositeur opte pour un langage musical chorégraphique par ses rythmes, mais qui épouse la complexité de l’intrigue et prend en compte les subtilités psychologique des personnages. Ainsi, chaque situation ou personnage possède son thème récurrent.
Cela donne une partition  colorée, bâtie comme pour un opéra, qui rend dans la version Gatti la chronologie du drame shakespearien.



Catherine Michaud