FILMS SUR
LA MUSIQUE PROPOSÉS PAR LA SACEM
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Compositeurs de Musique de film 
Modérateur
: Gaël Marteau
Mardi 15 juillet
Bandes originales : Maurice Jarre
Un film de Pascale Cuenot
Production : Prelight films, TPS.
Avec le soutien de la Sacem.
2008, 80 min.
Rencontre-débat en présence de Pascale Cuenot
C’est l’écoute des
enregistrements d’oeuvres de Liszt et de Schubert
qui suscite chez Maurice Jarre, encore adolescent, une vocation irrépressible
pour la composition. Alors que rien ne le prédestinait à la musique, il
quitte Lyon et sa famille pour étudier à la Sorbonne et au Conservatoire
de musique de Paris.
Devenu Directeur musical du TNP de Jean Vilar, il compose de nombreuses
musiques de scène et les fameuses Trompettes qui annoncent toujours les
représentations dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes. Son talent le
fait remarquer par l’ensemble de la profession. Parallèlement à son travail
pour la scène, le ballet, le concert, il s’essaie à la composition pour
le cinéma ; il est ainsi associé aux premiers « courts » de Resnais, Demy,
Mocky et Franju, dont il signe ensuite la plupart des partitions de longsmétrages
(de La Tête contre les murs à Judex). Il rejoint David Lean à Londres, dès
1962, pour le monumental et célébrissime Lawrence d’Arabie, et de là, Hollywood,
où il s’installe rapidement. S’en suit la carrière que l’on sait, très prestigieuse,
jalonnée de nombreux films qui sont des grands succès mondiaux (The Collector
de Wyler, Les Damnés de Visconti, Topaz d’Hitchcock, Le Cercle des poètes
disparus de Weir), des musiques tellement emblématiques qu’elles sont placées
au panthéon du cinéma.
Compositeur aux quatre Oscars, grand nom de Hollywood, Jarre est aussi un
personnage discret, musicien atypique, infatigable chercheur de structures
et de sonorités nouvelles, grand mélodiste, créateur aussi imaginatif qu’exigeant.
Quelques notes suffisent pour reconnaître sa patte et son style. Maurice
Jarre aime donner de nombreux concerts où il dirige avec finesse et élégance
ses propres musiques. À partir d’entretiens suivis et de nombreux rendez-vous
sur les lieux de vie de Maurice Jarre, le film s’attache à restituer un
parcours exceptionnel, mais aussi à laisser se déployer, sur la musique
et le cinéma, une parole d’autant plus frappante qu’elle est retenue, s’inscrivant
dans le présent, comme si la carrière de Maurice Jarre débutait aujourd’hui.
Documentariste, Pascale Cuenot développe depuis plusieurs années, au sein
de la société de production lyonnaise Prelight Films, la collection « Bandes
originales… », série de portraits voués à des grands compositeurs de musique
de film. Après un premier opus en 2006 consacré à Gabriel Yared, elle réalise
en 2007 le portrait de Maurice Jarre, augmenté en 2008 de nouveaux tournages
pour la version longue présentée ici. Elle prépare actuellement un film
évoquant l’oeuvre et la personnalité de Georges Delerue.
Mercredi 16 juillet
A l'écoute de Godard
Un film de Vincent Perrot et Laurent Chollet
Production : La Prod SA, La bande du Drugstore, CinéCinéma.
Avec le soutien de la Sacem.
1992, 52 min.
Rencontre-débat en présence de Vincent Perrot
« … Il est important de souligner que
musicalement, l’électron libre de la nouvelle vague était un cas
particulier. Dès ses débuts, Godard instaura un rite très personnel concernant
la création musicale pour ses films […] Sa méthode était de laisser son
musicien composer des plages musicales sur une indication générale mais
sans directives très précises avant ou pendant le montage du film. Ensuite,
il utilisait à son gré les enregistrements, en fonction de l’image, ou parfois,
en montant des séquences à partir de ce support musical […].
De Georges
Delerue à Martial Solal, d’Antoine Duhamel à Gabriel Yared, tous sont unanimes
pour reconnaître qu’une collaboration avec Godard était une aventure inhabituelle…
» Ces propos, extraits d’un ouvrage qu’il a consacré en 2004 à Georges Delerue
– compositeur de la musique du Mépris – livre quelques clés du projet de
Vincent Perrot au moment d’aborder avec Laurent Chollet l’écriture de ce
documentaire : il ne s’agit pas de montrer en exemple, mais plutôt de saisir,
au long du parcours d’un cinéaste singulier sous ce rapport comme sous tant
d’autres, des moments choisis de la relation qui s’établit entre le son
et l’image. Le traitement de ce film, kaléidoscope d’archives sonores, photos,
entretiens filmés et voix off, où Godard est partout mais n’apparaît pas,
s’attache à rendre compte du jeu entre musique et images, libre et codé
à la fois, où l’échange peut tourner court, mais où tout est possible.
Si
on ne présente plus Vincent Perrot, on oublie souvent qu’il a d’abord été
chroniqueur de cinéma. Il est notamment spécialiste de la musique de film,
comme en témoignent son ouvrage B.O.F : musiques et compositeurs du cinéma
français paru en 2002 (éditions Dreamland, avec DVD d’entretiens filmés
sous le titre Compositeurs/ réalisateurs, dialogue impossible ?), ainsi
que les biographies de Georges Delerue et Vladimir Cosma écrites pour la
collection Musique et Cinéma (éditions Carnot, 2004 et 2005). Laurent Chollet
est auteur de films documentaires, historien et éditeur. Coscénariste avec
Serge le Péron du film Lise et Artur London, un couple en résistance (France
2, 2004), il a consacré plusieurs ouvrages au mouvement situationniste et
à mai 68. Il est associé depuis 2003 à Armelle Leroy pour une série d’albums
à vocation encyclopédique et générationnelle (éditions Hors Collection).
Jeudi 17 juillet
Movie Master Man : Lalo Schifrin raconte sa vie
Un film de Rodney Greenberg
Production : RM Arts Production.
1993, 50 min.
Rencontre-débat en présence de Georges Michel
Boris Claudio Schifrin,
dit Lalo Schifrin par admiration pour le compositeur de Namouna et de la
Symphonie Espagnole, est né en Argentine dans
une famille de musiciens. Après des études de piano suivies dans son pays,
il a poursuivi sa formation à Paris au début des années cinquante, au Conservatoire
de la Rue de Madrid où il a fréquenté la classe d’Olivier Messiaen. Il reçut
aussi les conseils de Charles Koechlin.
Ses débuts professionnels parisiens,
comme pianiste et arrangeur, l’amènent à participer à d’innombrables séances
d’enregistrements de jazz et de musique latino pour le label d’Eddy Barclay.
De ses années parisiennes, Schifrin a conservé, outre un réseau amical,
une familiarité avec notre langue et a su gagner la sympathie du public
français lors des concerts qu’il donne régulièrement dans notre pays, par
exemple, à Cannes en 2004 au Festival du film, à l’invitation de la Sacem,
au Grand Rex à Paris encore, en avril 2007 ou enfin, le 13 septembre prochain,
à l’occasion d’un concert de ses oeuvres qu’il donnera avec l’Orchestre
National d’Ile de France, à la Cité de la Musique.
De retour en Argentine,
à la fin des années cinquante, Schifrin avait été rapidement capté par la
scène nord-américaine où ses talents de mélodiste, d’arrangeur et de pianiste
virtuose l’ont appelé aux cotés de Dizzy Gillespie, Stan Getz, Sarah Vaughan
ou Jimmy Smith. Engagé par la MGM et installé à Hollywood, Schifrin va composer
un nombre impressionnant de musiques pour des films et des séries télévisées.
Citons parmi la centaine de ses contributions pour le cinéma Le Kid de Cincinnati
(Norman Jewison), Bullit (Peter Yates), L’inspecteur Harry (Don Siegel),
Mission impossible (Brian de Palma), Mannix, Starsky et Hutch, etc. Schifrin
a toujours mené en parallèle une carrière de musicien classique comme chef
d’orchestre et compositeur. Il a écrit plusieurs concertos pour guitare,
pour piano, pour clarinette, mais aussi des suites d’orchestres à partir
des scores de ses films. Il est associé enfin à l’aventure des concerts
des Trois Ténors. Musicien complet, universel, Lalo Schifrin a surfé avec
une grande intelligence et beaucoup de subtilité sur la dynamique de cette
mondialisation avant la lettre qui a été induite aux États-Unis par l’industrie
du divertissement musical. Le film de Rodney Greenberg, réalisateur britannique
et spécialiste des captations de concerts classiques enchaine extraits de
concerts, de films et entretiens avec le compositeur et avec ses proches.
Il s’agit d’un document de facture classique, mais chaleureux et efficace
à l’image du créateur qui en est le héros.
Vendredi 18 juillet
François de Roubaix, l’Aventurier
Un film de Jean Yves Guilleux
Production Maybe Movies
Avec le soutien de la Sacem.
2007, 52 min.
Rencontre-débat en présence de
Jean Yves Guilleux et Patricia de Roubaix
« … François de Roubaix avait
deux passions : le cinéma auquel il dédiait ses compositions et qu’il avait
lui-même pratiqué, et la mer, à laquelle il consacrait ses loisirs.
Le premier l’a nourri et lui a apporté une franche reconnaissance à défaut
d’un succès véritable. La deuxième l’a emporté dans une plongée définitive
au large des Canaries en novembre 1975.
De Roubaix n’aura donc connu que
les hommages posthumes, ceux des rappeurs puis ceux de remixeurs électro
calibrés, tout comme ceux du monde du cinéma qui le récompensait quelques
mois après sa disparition du César de la meilleure musique de film pour
Le vieux fusil de Robert Enrico. […] Il est nourri de jazz plus que de solfège.
Et, comble de marginalité, il travaille presque exclusivement seul, se créant
ce que l’on peut probablement définir comme le premier home studio français,
dans son appartement parisien de la rue de Courcelles. […] L’instrumentarium
de François de Roubaix est définitivement hors du commun quand il le complète
de jouets pour enfants, d’instruments ethniques rapportés de divers voyages,
de percussions bricolées, et même de son propre tuba de plongée dans lequel
il fredonne la rengaine de Chapi Chapo… presque du dub ». Relevés dans l’article
intitulé La passion de Roubaix, paru fin 2003 dans le magazine Blast, ces
propos de Jean- Philippe Renoult ont un double mérite : celui d’exposer
en termes efficaces ce qu’on pourrait appeler le paradoxe de Roubaix, et
celui de lever un coin de voile sur une oeuvre aussi énigmatique qu’elle
a été souvent citée, qu’elle est encore sollicitée. Ils montrent aussi combien
était nécessaire un travail sur François de Roubaix qui n’aurait plus été
seulement un acte de réhabilitation, mais aussi une observation attentive
et distanciée de l’homme et de sa musique, comme on regarde à travers un
masque du plongée, de près, mais avec juste ce qu’il faut de retrait.
Jean-Yves
Guilleux s’est attaché à rechercher ce compromis entre approche sensible
et observation raisonnée, par l’association des archives et des plans nouveaux,
des voix off et des entretiens filmés, et par la manière dont ils convoquent
tantôt les proches et les témoins, tantôt les professionnels
Samedi 19 juillet
Martin Scorsese, l'émotion par la musique
Un film de Clara et Robert Kuperberg
2005,53 min.
Rencontre-débat en présence de Clara et Robert Kuperberg (sous
réserve)
De la musique chez Martin Scorsese
on pourrait dire, si l’on ne craignait pas le raccourci du slogan, qu’elle
arrive tôt. Tôt dans la vie du jeune Martin,
dont l’appartement familial et le quartier – Little Italy à New York –
résonnent de la vie quotidienne d’une communauté animée s’il en est, mais
aussi des retransmissions, à la radio, du bel canto et du grand répertoire
opératique. Elle arrive tôt, également, dans son parcours de cinéaste,
puisqu’avant de réaliser les premiers longs métrages qui inaugureront une
carrière exceptionnelle, celle d’un cinéaste populaire et radical à la
fois, il est assistant et monteur, dès 1970, du fameux Woodstock, documentaire
de Michael Wadleigh, témoignage d’un happening musical sans précédent,
mais aussi d’une société en recherche d’elle-même.
À ce titre le film est devenu « culte », comme
le Monterey Pop de D.A. Pennebaker et Richard Leacock. Scorsese n’a jamais
cessé de filmer la musique, qu’il s’agisse du vidéo clip Bad pour Michael
Jackson, ou du premier numéro de la série le Blues initiée en 2003 par
Wim Wenders, plus récemment de son grand documentaire No Direction Home
: Bob Dylan, et cette année de Shine a Light, au cours duquel il suit les
Rolling Stones en tournée. Notons également qu’un des tout premiers films
dont Martin Scorsese a voulu la restauration et la diffusion en salles,
à travers sa World Cinema Foundation, n’est autre que le documentaire Transes
de Ahmed El Maanouni, consacré en 1981 au groupe Nass El Ghiwane, rénovateur
de la tradition musicale marocaine et catalyseur du malaise de la jeunesse
maghrébine des années 70.
L’attention que Scorsese, réalisateur producteur
et mécène, consacre à la musique, est également très vive dans son oeuvre
de fiction. Ici aussi elle arrive tôt, dès l’écriture du scénario, qu’il
s’agisse de musique préexistante ou de musique originale, les deux pouvant
être d’autant plus étroitement associées qu’elles entrent en friction l’une
avec l’autre, et participent ensemble d’un discours en contrepoint de l’image.
Cette recherche de tension par le décalage, revendiquée par Scorsese dès
ses premiers longs métrages, est une des clefs de lecture de l’oeuvre
du maestro telle qu’elle se dévoile au cours des entretiens qu’il a accordés
à Clara et Robert Kuperberg, auteurs et réalisateurs de ce documentaire
très accessible et éclairant.
Lundi 21 juillet
Olivier Messiaen et les oiseaux (sous réserve)
Un film de Denise Tual et Michel Fano
Production : Sofracima.
1972, 88 min.
Rencontre-débat en présence de Michel
Fano (sous réserve)
Ce film est le premier
grand documentaire réalisé sur le compositeur. Denise Tual était
à l’origine de deux commandes passées à Olivier Messiaen à son retour de
captivité, les Visions de l’Amen (1943) et les Trois petites Liturgies de
la Présence Divine (1945), oeuvres créées à Paris dans le cadre des Concerts
de la Pléiade, avec le soutien de Gaston Gallimard. Michel Fano, compositeur,
musicologue et réalisateur, avait, lui, fréquenté la classe de Messiaen
au Conservatoire de Paris, aux côtés de Pierre Boulez et de Jean Barraqué.
Les auteurs qui connaissaient bien Messiaen, ont pu bénéficier de sa confiance
dans la réalisation du projet. Ce film est une évocation émouvante des fondamentaux
de l’art du compositeur : son rapport aux oiseaux et à la nature, sa théorie
musicale des couleurs et l’expression de sa foi catholique.
Le film est
devenu aussi un document très précieux pour la séquence, rare, consacrée
au cours d’analyse donné à la « classe ». Il donne avec pertinence et une
grande réussite plastique des équivalents visuels à la dimension colorée
de la musique d’Olivier Messiaen. Il constitue enfin un portrait du compositeur
dans la force de l’âge. Messiaen était en effet âgé de 63 ans au moment
du tournage.
Michel Fano a réalisé également plusieurs films ayant la musique
pour objet et notamment en 1980 une précieuse série de sept émissions pour
la télévision, Introduction à la Musique Contemporaine, en collaboration
avec Dominique Jameux. Enseignant, il a dispensé pendant près d’un demi-siècle
des cours et conférences sur l’esthétique sonore aux étudiants de cinéma.
À la demande de Jack Gajos, fondateur de la FEMIS, il a créé et dirigé
pendant sept ans le département Son de cette célèbre école de cinéma parisienne.
Un enseignement qu’il dispense également en Amérique Latine, à l’Escuela
Internacional de Cine y Televisión de Cuba, mais aussi à Buenos Aires,
Mexico et Brasilia.
Mardi 22 juillet
Olivier Messiaen : Et Exspecto
resurrectionem mortuorum
Un film de Luc Ferrari et Gérard Patris
Les Grandes répétitions, Archives INA.
1965, 44 min.
Rencontre-débat en présence de Michèle Reverdy
En dehors de la prise
de son, pratique quotidienne, de la composition de musiques pour le cinéma
(dès 1960), du Hörspiel dont Luc Ferrari a été l’un des rares militants-pionniersinventeurs
dans le paysage musical français, une des facettes de ce personnage extrêmement
inventif réside dans son rapport à la fois maîtrisé et habile à l’image
et au reportage. Dès 1964, le compositeur coréalisait un cycle d’émissions
internationales pour la télévision. L’année suivante, il est l’auteur et
réalisateur, avec Gérard Patris, d’une série documentaire, aujourd’hui «
culte », sur la musique contemporaine pour le compte de la RTF. Toutes tendances
et esthétiques confondues, ces mythiques Grandes répétitions désormais restaurées
par l’INA, présentaient pour la première fois à la télévision des oeuvres
de Karlheinz Stockhausen, d’Edgar Varèse, des images et des témoignages
en action de Cecil Taylor et d’Hermann Scherchen. Dans ce film consacré
à Et exspecto resurrectionem mortuorum, d’Olivier Messiaen, le compositeur
accompagne la répétition finale de la création officielle de cette oeuvre
monumentale, à la fois religieuse et spectaculaire, et l’une des plus accessibles
de son auteur. Commande d’André Malraux, dédiée aux morts des deux guerres,
le sujet de l’oeuvre ressort de son titre : « Et j’attends la résurrection
des morts ». Ses cinq parties s’appuient sur cinq textes des Écritures qui
traitent de la résurrection.
L’oeuvre fut donnée d’abord le 7 mai 1965,
en exécution privée à la Sainte-Chapelle à Paris, devant un public d’invités,
puis le 20 juin de la même année, à Notre- Dame de Chartres, en présence
du Général de Gaulle.
Dans le film, Serge Baudo dirige la répétition du
concert chartrain avec l’orchestre et les Percussions de Strasbourg. Le
compositeur commente chaque mouvement, s’expliquant sur le choix des rythmes,
sur la signification des différents thèmes. Ce travail de mise au point
de l’exécution finale nous permet enfin d’entendre l’oeuvre toute entière,
mouvement par mouvement. Elle sera reprise quelques mois plus tard à Paris
sous la direction de Pierre Boulez. Dans la carrière de Messiaen, Et exspecto
est un jalon important, une reconnaissance forte à la fois officielle et
publique pour un compositeur dont l’oeuvre si novatrice avait jusqu’alors
suscité des jugements souvent peu amènes et marqués d’incompréhension.
Mercredi 23 juillet
Le charme des impossibilités
Un film de Nicolas Buenaventura-Vidal
Production : Gloria Films, Ina, Les Films du rat.
Avec le soutien de la Sacem.
2007, 80 min.
Rencontre-débat en présence de Nicolas Buenaventura-Vidal
Jeudi 24 juillet
Olivier Messiaen : La Bouscarle1961 Karlheinz Stockhausen : Klavierstück IX
Un film d'Elisabeth Coronel et Arnaud De Mézamat Production Abacaris Films, Centre Georges Pompidou, BPI. Avec le soutien de la Sacem. 1998, 30min.
Vendredi 25 juillet
Helicopter String Quartet
Un film de Frank Scheffer
Production Allegri Films.
1996, 75 min.
Rencontre-débat en présence de Martin Kaltenecker, musicologue
Par sa radicalité et
son extraordinaire créativité, Karlheinz Stockhausen a occupé, dès
le début des années 50, une position dominante dans la nouvelle musique,
alors émergente. Il a renouvelé les concepts compositionnels, réalisé un
travail pionnier dans le domaine électro-acoustique, recherché une synthèse
personnelle mêlant matériaux historiques et influences extra-européennes.
Homme de foi, il développa l’idée, explicitée dans de nombreux textes, d’une
« musique universelle », à dimension cosmique débouchant sur le projet d’un
immense opéra étendu aux sept jours de la semaine, Licht, auquel il travailla
de 1977 à 2002. Au terme de cinq décennies consacrées en grande partie à
la transmission de son oeuvre et de son savoir (innombrables cours et conférences
à travers le monde depuis 1958), il disparait le 5 décembre dernier à Kürten,
près de Cologne, où il avait lui-même conçu sa maison.
L’Helikopter-Streichquartet
renvoie à la dimension ludique et fantasque également présente dans son
oeuvre. « Ayant reçu la commande d’un quatuor à cordes pour les Arditti,
c’est alors, raconte le compositeur, que je fis un rêve : je vis et entendis
les quatre musiciens jouant en plein vol dans quatre hélicoptères. Je vis
simultanément des gens au sol, assis dans une salle équipée de matériel
audiovisuel et d’autres à l’extérieur sur une grande place. Dans chacune
des quatre directions, on pouvait voir et entendre en gros plan l’un des
quatre musiciens. Ceux-ci exécutaient la plupart du temps des trémolos qui
s’harmonisaient si bien avec les timbres des pales des rotors que les hélicoptères
en devenaient comme des instruments de musique… ».
En juin 1995, à Amsterdam,
le rêve est devenu réalité. Le film de Frank Scheffer rend compte de l’aventure,
de la première répétition jusqu’à la création de l’oeuvre. Frank Scheffer
est un maître européen du documentaire. À l’instar d’un D.A Pennebaker ou
d’un Bruno Monsaingeon, la meilleure part de sa filmographie concerne la
musique, mais élément supplémentaire d’originalité et de rareté, ce qui
l’intéresse tout particulièrement est la musique contemporaine, ses oeuvres
de référence et ses grands
Samedi 26 juillet
Eldorado Prejlocaj
Un film d'Olivier Assayas
Coproduction ARTE France, MK2 TV.
2007, 90 min.
Rencontre-débat en présence de Geneviève Vincent, historienne
de la danse
La musique de Karlheinz
Stockhausen a toujours intéressé les chorégraphes tandis que le compositeur
accordait une vraie importance à la danse. Après Maurice Béjart, Michèle
Noiret, Didier Deschamps, Lia Rodrigues, Angelin Preljocaj s’est confronté
à deux reprises à la musique de Stockhausen. « Il savait, explique le chorégraphe,
que j’avais déjà chorégraphié l’une de ses musiques, Helikopter, car je
lui en avais demandé l’autorisation. Trois ans après, il m’a envoyé un mail
pour me convier chez lui et là, il m’a fait entendre Sonntags Abschied (l’Adieu
du Dimanche), morceau final de son grand cycle opératique, Licht. […] La
musique de Stockhausen est passionnante à chorégraphier. Elle ouvre un espace
physique et mental, et n’impose rien. Il faut juste humblement se hisser
à sa hauteur, pour dialoguer sans être écrasé. » (Le Figaro / 27.02.08)
Pour sa part, Stockhausen se déclarait séduit par le travail de Preljocaj
: « J’ai été surpris par la composition dans l’espace, le choix original
des mouvements, des gestes, des postures et par la relation étroite entre
la mesure, le rythme et les registres. Il peut garder la vague du timing
pendant trente-cinq minutes, tient la concentration, renouvelle les mouvements…
» (Libération / 10.07.07) Olivier Assayas pour qui la direction d’acteurs
est une chorégraphie entre caméra et comédiens, a été séduit à son tour
par l’univers d’Angelin Preljocaj, et par le défi que le chorégraphe lui
proposait.
Le film se propose de mettre en lumière les résonances entre
partition et mouvement, de voir naître les chocs, les affrontements mais
aussi les échanges, les prolongements du son dans le geste, les échos jusqu’à
l’abstraction. En soulevant le voile des secrets de la gestation de l’oeuvre,
l’oeil du metteur en scène guette les moments de joie, d’angoisse de cette
création ambitieuse. Le tournage a été réalisé durant toute la durée des
répétitions, afin d’être au plus près des danseurs et du chorégraphe.
Dans
la captation-recréation d’Eldorado comme dans le documentaire qui l’accompagne,
la caméra se porte surtout sur les visages. Olivier Assayas le confirme
: « Le visage est tout. C’est pour ça que je suis les danseurs au plus près,
en les individualisant à l’intérieur du ballet et en développant ce rapport
au corps caractéristique de la danse contemporaine. » Le visage comme climax
de cette vision du Paradis composée par Stockhausen, confiant au chorégraphe
lors de leur dernière rencontre : « Pour moi, cette vie est une préparation
à une vie beaucoup plus spirituelle.
Le Paradis est un lieu à construire
avec de la beauté et une multiplicité créatrice. » À l’image d’Eldorado,
film et chorégraphie fondus en un même geste.
Mardi 29 juillet
Mercredi 30 juillet
Jeudi 31 juillet