Le Festival de Radio France et Montpellier

calendrier soirées du Festival Edition 2009


Dimanche 19 juillet - 20h - Opéra Berlioz- Le Corum


Fanny Ardant

Fanny Ardant
© André Rau
agence H&K

Gérard Depardieu

Gérard Depardieu
© Marc Ginot

Dorte lyssevski

Dörte Lyssewski
© droits réservés

Detlef Roth

Detlef Roth
© droits réservés

Enrico Delamboye

Enrico Delamboye
©Susanne Prothmann

 

 

 

 

 


 Fanny Ardant, Cordelia
 Gérard Depardieu, Orso
 Dörte Lyssewski, Uberta
 Farida Khelfa, récitante
 Detlef Roth, baryton

 Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon
 ChŒur de La Radio Lettone
 Direction Enrico Delamboye

 
Manfred Gurlitt
 
 Trois discours politiques pour baryton, chœur d'hommes et  orchestre (1946)   Poème de Georg Büchner
 • Saint-Just pour baryton et orchestre
 • Robespierre pour baryton et orchestre
 • Danton pour baryton, chœur d’hommes et orchestre

Création mondiale


 Jacques Offenbach

 La Haine, scène dramatique de Victorien Sardou (1874)
 Création mondiale


Concert diffusé sur France Musique le 30 juillet à 9h05
Fréquence à Montpellier 96.4
MHz

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L’œuvre de Manfred Gurlitt, ne manquera pas de susciter la curiosité de tous. Ce compositeur allemand, né à Berlin en 1890 et mort à Tokyo en 1973, reste aussi peu connu que son œuvre, excepté son Wozzeck. Elève d’Engelbert Humperdinck, il mena une carrière de chef d’orchestre et fut assistant à Bayreuth en 1911, tout en étant, parallèlement, maître de chapelle aux théâtres d’Essen et Augsbourg. Quand le premier conflit mondial éclata, il fut nommé directeur de l’opéra de Brême et y fonda la Neue Gesellschaft. Dix ans plus tard il prit la direction de la Hochschule für Musik de sa ville natale, poste que la montée du nazisme ne lui permit plus d’occuper à compter de 1933. Il quitta donc l’Allemagne pour le Japon où il se consacra à l’enseignement, occupant divers postes. Il s’est illustré dans la musique de chambre avec notamment un Quintette avec piano, une Sonate dédiée au même instrument et des lieder. La production qu’il destine à la scène est assez importante, citons Soldaten, Nana, Warum et Feliza. Le répertoire symphonique n’est pas en reste avec la Symphonische Musik, les 5 Gesänge, plusieurs concertos, la Goya Symphonie, la Shakespeare Symphonie, et les Politische reden que nous entendrons en première mondiale au cours de ce concert. Ces Discours politiques dont il entreprit la composition en 1944, sont destinés à un baryton soliste, un chœur d’hommes qui n’interviendra que dans le volet final, et orchestre. Ils se construisent en trois parties dont chacune d’elles porte le nom d’un personnage célèbre de la Révolution française de 1789. Ainsi, on entendra successivement : Saint Just, Robespierre et Danton. C’est à l’écrivain allemand Georg Büchner que l’on doit le texte, issu de sa Mort de Danton, qu’il écrivit  en 1835, à l’âge de vingt-quatre ans.

Laura Gucciardi



C’est vers la fin des années 1860 que s’amorce une riche collaboration doublée d’une profonde amitié entre le célèbre compositeur Jacques Offenbach et le non moins célèbre père de la Tosca, le grand dramaturge Victorien Sardou. Ensemble, ils vont d’abord présenter en 1872 au public parisien médusé une féerie à grand spectacle : Le Roi Carotte.
Offenbach vient de prendre la direction du Théâtre de la Gaité, une des plus belles scènes parisiennes, et rien n’est trop beau pour servir sa nouvelle pièce. Les dépenses sont somptuaires, mais le succès est au rendez-vous. Les deux compères décident de renouveler au plus vite l’expérience.
En attendant que leur projet de Don Quichotte voit le jour, pourquoi ne pas s’essayer dans un genre tout à fait différent avec une pièce on ne peut plus noire et dramatique, La Haine, dont les cinq actes et huit tableaux se situent en pleines guerres de religions ? Offenbach compose une partition riche d’une trentaine de numéros. Les premières esquisses ont d’ailleurs été notées dans sa calèche où il s’est fait installer une table de travail - les partitions témoignant d’ailleurs des sursauts de sa plume dus aux accidents du pavé parisien. On y trouve de nombreux mélodrames, des chœurs de coulisse, des interludes.... Comme pour Le Roi Carotte, le directeur Offenbach ne lésine pas sur les moyens.
Tout est fait pour que le public reçoive un véritable choc en assistant à la première de La Haine. Malheureusement, tout semble se liguer contre Offenbach, et la première donnée le 3 décembre 1874 est suivie seulement de quelques représentations. Vexé, Sardou préfèrera retirer sa pièce de l’affiche, laissant le théâtre dans une situation financière désastreuse.
Offenbach tentera tout de même de sauver les plus belles pages de sa partition, celles qui lui tenaient le plus à cœur, et c’est lors de sa tournée de concerts aux Etats-Unis, deux ans plus tard, qu’il présentera au public américain une Marche religieuse de la Haine, qui connaître un très grand succès. Mais à son retour de voyage, la partition finira tout de même au fond d’une armoire et y dormira plus d’un siècle. Il faudra attendre l’année 2009, pour que cette musique profondément dramatique, et aux accents wagnériens inattendus, puisse enfin être à nouveau jouée.

Jean-Christophe Keck

 


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