Mardi
28 juillet - 20h - Opéra Berlioz - Le Corum
Verónica Cangemi
© G.Gonzalez

Lawrence Zazzo
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Sonia Prina
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Antonio Abete
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Attilio Cremonesi
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Kammerorchesterbasel
© G.Gonzalez
Ezio
Georg Friedrich Haendel
Opéra en 3 actes HWV 29 (1732)
Livret d’après Pietro Metastasio
Création à Londres, King's Theatre Haymarket (15 janvier 1732)
Version concert
Verónica Cangemi, soprano, Fulvia
Kristina Hammarstroem, alto, Onoria
Lawrence Zazzo, contre-ténor, Ezio
Sonia Prina, alto, Valentiniano
Antonio Abete, basse, Varo
Vittorio Prato, ténor, Massimo
Kammerorchesterbasel
Direction Attilio Cremonesi
Diffusion en direct sur France Musique
Fréquence à Montpellier 96.4 MHz
version anglaise
Ezio (1732), vingt-cinquième opéra italien de Haendel, n’eut droit, lors de sa création, qu’à cinq représentations, avant d’être remplacé par des reprises. Pourquoi ? L’on peut trouver deux causes à cette désaffection : tout d’abord, les difficultés matérielles auxquelles était confronté le compositeur-imprésario, en conflit avec sa troupe.
Trois ans auparavant, il avait vu fuir ses meilleurs chanteurs : les fameuses « prime donne rivali », la Cuzzoni et la Faustina, et le castrat alto Senesino, auquel il destinait depuis douze ans ses premiers rôles. Senesino était, depuis, revenu, de mauvaise grâce (il quittera à nouveau Haendel, définitivement, dès 1733), mais les divas avaient dû être remplacées par une nouvelle soprano, plus touchante si moins fameuse, Anna Strada del Po, pour qui le Saxon écrira Alcina, mais qui n’avait pas encore conquis le public (qui la surnommait « the Pig ») au moment d’Ezio. Cet ouvrage fut donc confié à une équipe « intermédiaire », qui n’était plus celle des succès des années 20 et pas encore celle des chefs-d’œuvre (Ariodante, Alcina) des années 1734/5.
L’autre raison qui fit que le public londonien goûta peu Ezio était son livret, pourtant dû au plus fameux dramaturge de l’époque, Pietro Metastasio. Les drames de Métastase triomphaient alors partout en Europe (et furent aussi les premiers à être montés en Amérique et aux Indes), mais en Angleterre, où l’on ne comprenait pas les récitatifs italiens, où l’on préférait le fantastique au politique, ses trames rhétoriques nécessitaient de drastiques adaptations. Haendel n’eut recours à Métastase que trois fois, pour Siroe (1728), Poro (1731) et finalement Ezio.
Il apporta moins de modifications à ce dernier qu’aux précédents, mais sacrifia néanmoins l’enjeu principal de ce drame sévère, inspiré d’une pièce de Thomas Corneille, et qui avait déjà été mis en musique par Hasse et Porpora : la rivalité historique entre l’empereur Valentinien III et le général Aetius, vainqueur d’Attila. Cet opéra est l’un des rares de Haendel à ne comporter que des récitatifs et des arias (ni duo, ni danse, ni chœur) et à n’offrir à Senesino qu’un rôle assez passif.
En revanche, le portrait du machiavélique Massimo (ténor) y est finement dessiné, on y entend trois des plus beaux airs de basse écrit pour Montagnana et les pages réservées à la pauvre Fulvia, écartelée entre son père Massimo et son amant Ezio, semblèrent si réussies à leur auteur qu’il en remploya les principales dans Il Pastor fido, deux ans plus tard. L’occasion nous est donc donnée de découvrir un « véritable opera seria » tel que l’entendait Haendel et, qui sait ? de réviser le verdict de la création…
Olivier Rouvière
Conférence
28 juillet - 11h - Salle Einstein - Entrée Libre
« Ezio » par Olivier Rouvière
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Lawrence Zazzo
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