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Camille
Saint SaËns
Dejanire Mardi 9 juillet 1985 |
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Opéra
Dejanire
A l'occasion de la construction des Arènes de Béziers en 1897 un riche amateur de musique Castelbon de Beauxhostes décida d'y donner des représentations théâtrales. Saint-Saëns, au cours d'une série de concerts donnés dans les villes du Midi, fut invité pour "essayer la sonorité des Arènes". Louis Gallet avait alors, en projet, une tragédie : "Déjanire" d'après les Trachidiennes de Sophocle et l'Hercule de Sénèque. Saint-Saëns et Gallet arrêtèrent les grandes lignes du projet : ce ne serait pas un opéra, mais une tragédie antique avec chœur chanté à la façon antique. On y prévoyait un intermède symphonique, un ballet de noces d'Hercule et une apothéose du héros. Voici le sujet de "Déjanire" lui même : "Hercule pour se venger d'un outrage, a tué le roi d'Odéalie et saccagé la ville. Parmi les prisonniers se trouve Iole, la fille d'Eurythus, dont Hercule tombe amoureux et qu'il veut épouser. Il charge Philoctète de l'en informer. Mais Philoctète et Iole s'aiment et cherchent le moyen de détourner Hercule de son projet. Cependant Déjanire, la femme d'Hercule, apprenant son abandon, en accuse Junon et envoie un messager à Hercule pour lui faire savoir qu'elle veut le revoir. Hercule refuse de la recevoir et lui ordonne de retourner à Chalidon. Furieuse, Déjanire arrive dans son char. Elle pénètre dans le gynécée où se trouve Iole et, après une explication avec celle-ci, elle lui remet, pour qu'elle-même la donne à Hercule, la tunique de Nessus. Cette tunique doit ramener à Déjanire l'amour de celui à qui elle l'aura fait revêtir. Hercule reçoit des mains de Iole le vêtement qu'il revêt, mais comme il lui cause d'intolérable s brûlures et qu'il ne peut s'en débarasser, poussé par la souffrance et la rage impuissante, il se précipite dans le bûcher allumé pour célébrer son prochain hymen ; Déjanire se tue de désespoir". Le journal "l'Art Méridional" constate le triomphe en ces termes "une fois de plus le Midi de la France a vaincu le Nord, malgré que le Midi ait, comme subvention ministérielle, plus de paroles que d'argent. Le "Monde musical" du 15 septembre 1898 publie ces lignes
: Cependant l'acceuil triomphal réservé à cette œuvre ambigüe ne fit pas
oublier à St Saëns que l'œuvre gagnerait à être transformée en drame lyrique,
en véritable opéra. Ce qui fut fait pour l'opéra de Monte-Carlo, où fut
donné la version définitive que le Festival présente ce soir. |
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