Maryo a commencé à chanter à l'âge de treize ans s'accompagnant à l'accordéon avec son père. Et elle a connu enfant, à travers les vitres, ces lieux où des femmes désirables dansaient dans des atmosphères de fumée. Plus tard elle s'est produite avec les plus importants ensembles de "Rebetiko" ou "Laiko" (la musique urbaine populaire grecque). Aujourd'hui, elle est considérée comme une des dernières représentantes du chant du Café Aman - (réaction régionale à l'importation du Café chantant à partir du XIX ème siècle) qui connut un extraordinaire succès à Smyrne, Yannina, Constantinople, avant l'exode des grecs en 1922 vers Athènes ou le Pirée. Un style musical qui fut considérablement altéré par des productions destinées au tourisme ou au cinéma. Basée à Thessalonique, Maryo et son ensemble viennent d'obtenir un succès à la récente convention du WOMEX (rassemblement des festivals de musique du monde européens) de Copenhague.

Son passage à Montpellier est une exclusivité nationale.

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Déchirures et tendresses, fugaces espérances et lourdes afflictions, si le fado de Misia assume la mythologie du genre, il fait chair aussi de sa propre histoire. En féministe de l'ère Internet, elle a réhabilité son classicisme selon une approche hétérodoxe, lui insufflant ses propres inclinations, en particulier sa passion des beaux textes poétiques. Les meilleurs écrivains (José Saramago, dernier Prix Nobel, Antonio Lobo Antunes, Agustina Bessa-Luis, Lidia Jorge...) ou compositeurs (Vitorino Salomé, Sergio Godinho...) de son pays ont d'ailleurs accepté d'accompagner sa démarche. La native de Porto rappellant que le fado est avant tout un acte spirituel. D'où le souci qu'elle a de styliser pour s'approcher au plus près de l'émotion, de défendre l'universalité du verbe lusitanien. Ce verbe marqué au sceau de l'utopie, Nouveau Continent ou bonheur personnel, dont Pessoa résuma le paradoxe: "J'ai toujours été un rêveur ironique, infidèle à mes promesses intérieures. J'ai toujours savouré - étant autre ou étranger - la déroute de mes songes".

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Roby Lakatos est un musicien inclassable : violoniste tzigane, virtuose classique, " joueur de violon démoniaque ", musicien de jazz, compositeur - aucune de ces descriptions ne convient vraiment. Au delà de toute définition, il appartient à cette catégorie de musiciens rares, dont la force en tant qu’interprète provient de ses expériences d’improvisateur et de compositeur.
Né en 1965, Lakatos est un descendant, de la 7e génération, du légendaire violoniste tzigane hongrois Jonas Bihari, dont la dynastie a influencé le jeu de violon dans les Balkans depuis le 18e siècle. Bihari a été tenu en grande estime par la Cour des Habsbourg et a joué au Congrès de Vienne en 1814. Ses amis, Liszt et Beethoven, l’ont surnommé admirativement " Roi des Violonistes Tziganes " et " Orphée Hongrois ".

A 5 ans, Lakatos était déjà initié aux secrets de la musique tzigane par Tony et Sandor Lakatos; il donna son premier concert public à l’âge de 9 ans. Issu de la tradition musicale familiale, musicien à l’extraordinaire faculté d’adaptation stylistique, arrangeur, violoniste classique et tzigane, Lakatos est aussi à l’aise dans le classique et le jazz que dans sa propre musique folklorique hongroise. Cette universalité lui permet d’interpréter un vaste répertoire.

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La Squadra "Centro historico" de Gènes  : Le "trallallero" (de l'onomatopée tra-la-la) est né à Gènes où dans les tavernes, un chant de divertissement, rural à l'origine, pratiqué par les portefaix et métallurgistes du port, s'est codifié en art. Un art qui se structure avec un ténor, un "falsetto", une voix de guitare (imitation nasale de l'instrument), un baryton et des basses. Le ténor lance le chant, la guitare a une fonction rythmique, les basses assurent le soutien harmonique. Son répertoire croque des atmosphères, pratique la métaphore érotique ou la satire. Qu'importe en tout cas la légereté du propos, pourvu qu'on ait l'ivresse d'un chant riche en mélismes (influence extrème-orientale), fleurant bon l'iode et le basilic, en tous points confondant de synchronie. A ce titre, par la différenciation des timbres, la précision des agrégats harmoniques, la sophistication des voix, la Squadra "Centro historico" (8 chanteurs de 37 ans à 74 ans) est certainement ce qui s'est fait de plus abouti dans toute son histoire séculaire.

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Urs Karpatz: Ce groupe polyinstrumentiste, polyrythmique et polyphonique a été fondé par Dimitri Sergueï Lazarr chanteur tsigane et montreur d'ours. Tsigane parce que dès sa prime enfance ce descendant de corsaires fugua en direction des gens du voyage; montreur d'ours, car un animal lui fut donné par un chef de tribu dont il avait sauvé un des enfants d'une noyade. Ours et musique tsigane allant de pair, il en vint à imaginer une formation fidèle à la culture Romani. Huit musiciens plus tard, Urs Karpatz s'affiche fidèle au grand creuset tsigane avec son épicentre roumain, ses aires hongroise à l'ouest, slave au nord, balkanique et orientale au sud. Un groupe comme sorti d'un film de Tony Gatlif, compact dans le jeu, mélancolique et facétieux, qui sourcilleux sur l'esprit d'antan innove et prend toute sa plénitude sur scène.

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Une anche passe : Rencontre de "grandes pointures" du hautbois languedocien (Laurent Audemard, Alain Charrié), du taragot roumain (Dumitru Dobrican), du piffero italien (Stephano Valla), de la tenora et du tible catalans (Jordi Pauli et Vincent Vidalou, leaders des meilleures coblas voisines), des cuivres, etc... "Une Anche passe", au fil des alliages, est devenu une singulière aquarelle sonore qui mélange les idiomes du monde méditerranéen, s'inspire des patrimoines pour inventer des alchimies inédites, revisite Bela Bartok ou Manuel de Falla - illustres précurseurs du cache-cache mémoire/contemporanéité - fait feu aussi bien de la tradition orale que de la partition classique ou jazz. Ces ambassadeurs à l'étranger (récemment encore dans toute l'Europe et en Amérique Latine) de l'imaginaire grand sudiste, voyant leurs derniers albums chaudement salués par la critique.

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A Filetta : "La vie au fonds ce n’est rien d'autre qu’un peu de temps pour apprendre à aimer": Ghjuvan-Claudiu Acquaviva, leader-compositeur, résume la philosophie de ce groupe enraciné dans la Balagne, où il y a vingt ans, une bande d'adolescents se sont unis par passion pour la polyphonie. Depuis, " A Filetta " ("La Fougère"), a accouché d'un riche répertoire, fruit d'un travail collectif rigoureux et d'une grande fidélité à l'art de la polyphonie sacrée ou profane. Densité, épure des timbres, subtilité de la tresse polyphonique, variété des approches : le groupe a obtenu un grand nombre de distinctions dont un Grand Prix de l'Académie Charles-Cros. A Filetta s'est aussi investi dans un travail contemporain en direction du théâtre (Cf."Médée") et du cinéma (Cf. BO des films "Don Juan" et "Himalaya").

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Tablao " soniquete de Sevilla " : Ce cuadro gitan sous la direction de Jose Vargas Camacho, alias "El Piripi" (lié à la fameuse dynastie des Habichuelas), travaille dans la légendaire tradition du tablao (le café cantante d'aujourd'hui). Combinant danses (avec en particulier "la Suzana", "la Toromba", "la Adela Campayo"), chants (Rafael Utrera et Alicia Palma), guitares (Miguel Perez, Jose Vargas Camacho), palmas, jaléos (improvisations collectives) qui se succèdent en un spectacle enlevé et pur. Une création spéciale pour Montpellier qui, le temps d'un soir, recréera l'atmosphère de leur lieu habituel de la "Isla magica" ou celui d'un caféta de la fameuse féria. Avec au menu un assortiment de bulerias, rumbas, sevillanas, soléas, fandangos, alegrias, etc, diversité des styles qui atteste que Séville fut toujours un des grands carrefours du flamenco

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La Fanfare à mains nues : Orchestre vocal de trente cinq personnes, ses instruments sont la voix et le corps (onomatopées, percussions corporelles). Son répertoire trouve son équilibre en puisant dans la tradition du chant populaire principalement méditerranéen (Occitan, Français, Espagnol, Grec ancien...) et en développant un travail d'improvisation et de création. Les arrangements et les compositions étant de Jean Tricot. Cette fanfare d'un nouveau type joue aussi en se dispersant dans la foule, en se déplacant, des données aléatoires de l'acoustique. Elle concevra spécialement pour le festival deux créations déambulatoires..

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Orient Express moving Schnorers : Dans la langue juive, les klezmorim (singulier: klezmer) étaient ceux qui jouaient d'oreille: entendre les musiciens populaires un peu frustes mais si indispensables à la fête. Dans les ghettos ashkenazes d'Europe centrale, ce sont eux qui ont marié la gaieté dansante du mysticisme hassidique aux musiques des pays d'accueil (roumains, tziganes, russes, ukrainiens, polonais, bulgares...). Famines et pogromes avant la première guerre mondiale, Shoah durant la seconde, ont conduit à l'extinction de toute cette tradition qui resuscita un vif intérêt à partir de la fin des années soixante-dix, des deux côtés de l'Atlantique (cf. le succès des Klezmorin, Brave Old World, Klezmatic...). C'est selon le même esprit que travaille l'Orient Express Moving Schnorers qui met à jour l'esprit canaille klezmer, prolonge les métissages inhérents aux musiques juives du monde entier, invite comme son nom l'indique au voyage avec une joyeuse jubilation.

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